Para Cantar He Nacido
Para cantar he nacido soy copla que el viento lleva
a veces canto en el árbol que se deshoja de pena
a veces bebo del fuego
palabras de primavera
Mi sangre canta por dentro
como la lluvia por fuera
la noche canta y convierte
sus pájaros en estrellas
pero cuando canta el pueblo
musicaliza mis venas
Yo nunca miro a la rosa
por su color de quimera
la miro porque ella tiene
a sangre de los que sueñan
porque en sus gajos florecen
las manos del que la siembra
Si el canto no se levanta
como la hoguera del fuego
si no libera las penas
de los que están en la tierra
de nada sirve que suene
la voz de la chacarera.
Así como canta el río
cuando la noche lo ciega
y sin mirar su camino
sigue su rumbo de piedra
yo le canto a los que vienen
caminando por la tierra.
Mi copla es azul y estrellas
y una guitarra encendida
en su corazón de pueblo
la vida sufre y agita
con el perfil de sus bombos
las esperanzas marchitas.
Por eso canto a las cosas
que me va dando la vida
a los changuitos de barro
hondeando lunas perdidas
al tallo con sus espinas
y al hombre con sus heridas
Si el canto no se levanta
como la hoguera del fuego
si no libera las penas
de los que están en la tierra
de nada sirve que suene
la voz de la chacarera.
Né pour Chanter
Né pour chanter, je suis la copla que le vent emporte
parfois je chante dans l'arbre qui se dépouille de chagrin
parfois je bois du feu
les mots du printemps
Mon sang chante à l'intérieur
comme la pluie à l'extérieur
la nuit chante et transforme
ses oiseaux en étoiles
mais quand chante le peuple
ma musique coule dans mes veines
Je ne regarde jamais la rose
pour sa couleur de chimère
je la regarde parce qu'elle a
le sang de ceux qui rêvent
parce que dans ses branches fleurissent
les mains de celui qui la sème
Si le chant ne s'élève
comme le feu de la flamme
s'il ne libère les peines
de ceux qui sont sur terre
à rien ne sert qu'il résonne
la voix de la chacarera.
Tout comme chante la rivière
quand la nuit l'aveugle
et sans regarder son chemin
elle suit son cours de pierre
je chante pour ceux qui viennent
marchant sur la terre.
Ma copla est bleue et étoilée
et une guitare enflammée
dans son cœur de peuple
la vie souffre et s'agite
avec le profil de ses tambours
les espoirs flétris.
C'est pourquoi je chante les choses
que la vie me donne
aux petits en argile
ondulant des lunes perdues
à la tige avec ses épines
et à l'homme avec ses blessures.
Si le chant ne s'élève
comme le feu de la flamme
s'il ne libère les peines
de ceux qui sont sur terre
à rien ne sert qu'il résonne
la voix de la chacarera.