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Le Morocho et l'Oriental

Adriana Varela

El Morocho Y El Oriental

Viejo café cincuentón
que por la Boca existía,
allá por Olavarría
esquina Almirante Brown.
Se estremeció de emoción
tu despacho de bebidas
con las milongas sentidas
de Gabino y de Cazón.
Histórico bodegón
del priorato y del Trinchieri,
donde una noche Cafieri
entró a copar la reunión.
Traía un dúo de cantores
y haciendo, orgulloso, punta
dijo: "Aquí traigo una yunta
que cantando hace primores".
Y con acento cordial
fue diciendo medio chocho:
"Este mozo es el Morocho
y éste Pepe el Oriental"...
Un aplauso general
al dúo fue saludando
y el Morocho iba templando
lo mismo que el Oriental.
Templaron con alegría
sus instrumentos a fondo,
y el silencio era tan hondo
que ni las moscas se oían....
Y entre aplausos, vino y chopes,
y esta vuelta yo la pago,
iba corriendo el halago
tendido a todo galope.
"A mi madre", "La pastora",
"El moro" y otras canciones
golpeaban los corazones
con voces conmovedoras.
Ah, café de aquel entonces
de la calle Olavarría,
donde de noche caía
allá por el año once...
De cuando yo, en mi arrabal,
de bravo tuve cartel.
el Morocho era Gardel
y Razzano el Oriental.

Le Morocho et l'Oriental

Vieux café des années cinquante
qui se tenait par la Boca,
là-bas à Olavarría
à l'angle d'Almirante Brown.
Tu t'es émue d'émotion
ton bar à boissons
avec les milongas touchantes
de Gabino et de Cazón.
Bistro historique
du priorat et du Trinchieri,
qu'une nuit Cafieri
est venu s'incruster à la réunion.
Il amenait un duo de chanteurs
et, fier, en tête,
dit : "Voici une paire
qui chante à merveille".
Et avec un accent cordial
il disait tout content :
"Ce gars c'est le Morocho
et celui-ci c'est Pepe l'Oriental"...
Un applaudissement général
salua le duo
et le Morocho accordait
comme le faisait l'Oriental.
Ils ont accordé avec joie
tous leurs instruments,
et le silence était si profond
qu'on n'entendait même pas les mouches....
Et entre applaudissements, vin et chopes,
et cette tournée je la paie,
les compliments circulaient
à toute vitesse.
"À ma mère", "La pasteure",
"Le moro" et d'autres chansons
frappaient les cœurs
avec des voix émouvantes.
Ah, café de cette époque
de la rue Olavarría,
où la nuit tombait
vers l'année onze...
Quand moi, dans mon quartier,
j'avais la réputation d'un brave.
le Morocho était Gardel
et Razzano l'Oriental.

Escrita por: Enrique Cadícamo / Angel D' Agostino