395px

Courants et Émeraude

Adriana Varela

Corrientes Y Esmeralda

Amainaron guapos junto a tus ochavas
Cuando un cajetilla los calzó de cross
Y te dieron lustre las patotas bravas
Allá por el año... novecientos dos...

Esquina porteña, tu rante canguela
Se hace una melange de caña, gin fitz,
Pase inglés y monte, bacará y quiniela,
Curdelas de grappa y locas de pris.

El Odeón se manda la Real Academia
Rebotando en tangos el viejo Pigall,
Y se juega el resto la doliente anemia
Que espera el tranvía para su arrabal.

De Esmeralda al norte, del lao de Retiro,
Franchutas papusas caen en la oración
A ligarse un viaje, si se pone a tiro,
Gambeteando el lente que tira el botón.

En tu esquina un día, Milonguita, aquella
Papirusa criolla que Linnig mentó,
Llevando un atado de ropa plebeya
Al hombre tragedia tal vez encontró...

Te glosa en poemas Carlos de la Púa
Y el pobre Contursi fue tu amigo fiel...
En tu esquina rea, cualquier cacatúa
Sueña con la pinta de Carlos Gardel.

Esquina porteña, este milonguero
Te ofrece su afecto más hondo y cordial.
Cuando con la vida esté cero a cero
Te prometo el verso más rante y canero
Para hacer el tango que te haga inmortal.

Courants et Émeraude

Les durs se sont calmés près de tes coins
Quand un petit voyou les a chaussés de baskets
Et les bandes de brutes t'ont donné du lustre
Là-bas, en l'an... mille neuf cent deux...

Coin de Buenos Aires, ta rue débraillée
Se mélange avec du rhum, gin tonic,
Paseo anglais et monte, baccarat et loterie,
Des verres de grappa et des folles en prison.

L'Odeón envoie la Real Academia
Rebondissant sur des tangos le vieux Pigall,
Et on parie le reste sur l'anémie douloureuse
Qui attend le tram pour son faubourg.

D'Émeraude au nord, du côté de Retiro,
Des Français et des papusas tombent en prière
Pour se choper un voyage, si ça se présente,
En esquivant le regard que lance le flic.

Un jour dans ton coin, Milonguita, celle-là
La créole qui a été mentionnée par Linnig,
Portant un paquet de vêtements de plèbe
A l'homme tragique qu'elle a peut-être croisé...

Carlos de la Púa te glorifie en poèmes
Et le pauvre Contursi fut ton ami fidèle...
Dans ton coin malfamé, n'importe quel perroquet
Rêve du style de Carlos Gardel.

Coin de Buenos Aires, ce milonguero
Te propose son affection la plus profonde et cordiale.
Quand avec la vie tu seras à égalité
Je te promets le vers le plus débraillé et canaille
Pour faire le tango qui te rendra immortelle.

Escrita por: Celedonio Flores