Zanjones
Arroyito de agua turbia
barrio que me vio nacer,
zanjones que hizo la lluvia
con charquitos de agua turbia
de tanto y tanto caer.
Se fue con tu fuente
mi viejo querer,
llevó la corriente
tus cosas de ayer.
Te fuiste una noche,
que importa cuál fue,
si todas las noches
yo te recordé,
arroyito de agua turbia,
zanjones de mi querer.
¡Tanto gusto! El gusto es mío
de verte cambiado así,
yo que nací en tus rincones
cuando sólo eran zanjones
y pienso morirme aquí,
¡Tanto gusto! El gusto es mío
te lo digo sin mentir.
El recuerdo de tus calles
yo nos lo puedo olvidar,
nadie puede, nadie sabe,
querer como yo tus calles
que ayer me vieron pasar.
Te fuiste al olvido
por el callejón,
y yo entristecido
te canto mejor.
Te fuiste una noche,
que importa cuál fue,
si todas las noches
yo te recordé,
arroyito de agua turbia,
zanjones de mi querer.
Zanjones
Ruisseau d'eau trouble
quartier qui m'a vu naître,
canaux que la pluie a creusés
avec des flaques d'eau trouble
à force de tant tomber.
Tu es parti avec ta source
mon vieux amour,
la rivière a emporté
tes souvenirs d'hier.
Tu es partie une nuit,
peu importe laquelle,
si toutes les nuits
je t'ai rappelée,
ruisseau d'eau trouble,
canaux de mon amour.
Quel plaisir ! Le plaisir est pour moi
de te voir ainsi changé,
moi qui suis né dans tes recoins
quand ce n'étaient que des canaux
et je pense mourir ici,
Quel plaisir ! Le plaisir est pour moi
je te le dis sans mentir.
Le souvenir de tes rues
je ne peux l'oublier,
personne ne peut, personne ne sait,
aimer comme moi tes rues
qui m'ont vu passer hier.
Tu es partie dans l'oubli
par le petit chemin,
et moi, triste,
je te chante mieux.
Tu es partie une nuit,
peu importe laquelle,
si toutes les nuits
je t'ai rappelée,
ruisseau d'eau trouble,
canaux de mon amour.