395px

Ville de Personne

Alejandro Szwarcman

Ciudad de Nadie

Mi ciudad esta por todos lados
En los tangos errantes del destierro
Tirando más al pecho que al costado...
Ahí donde se angustian los recuerdos.

Mi ciudad esta en la pesadilla
En el mapa siniestro de la sangre
Limita con un río y la costilla
Del resto del país que tiene hambre...

Ahí en la calle
Que siempre duerme
Los tigres amarillos de la hambruna
Están llevándose el cadáver de la luna
Y se vislumbra
Por las veredas
La huella de la perra desventura
En la masacre de las bolsas de basura
Ahí en la calle
De la penumbra...
Cuando la noche se recuesta en los umbrales
El sueño se parece a la locura...

Mi ciudad esta en ninguna parte
En la brújula rota del viajero
Durmiéndose en el frasco de calmantes
Al margen de la vida y del deseo.

Mi ciudad está mirando al norte
Amarrada al cabo del subsuelo
Cambiando por monedas su horizonte
Al sur de los que miran desde el suelo…

Ville de Personne

Ma ville est partout
Dans les tangos errants de l'exil
Elle frappe plus au cœur qu'à côté...
Là où les souvenirs s'angoissent.

Ma ville est dans le cauchemar
Sur la carte sinistre du sang
Elle touche un fleuve et une côte
Du reste du pays qui a faim...

Là dans la rue
Qui dort toujours
Les tigres jaunes de la famine
Emportent le cadavre de la lune
Et on aperçoit
Sur les trottoirs
L'empreinte de la chienne malchance
Dans le massacre des sacs poubelles
Là dans la rue
De l'ombre...
Quand la nuit s'appuie sur les seuils
Le rêve ressemble à la folie...

Ma ville est nulle part
Dans la boussole cassée du voyageur
S'endormant dans le flacon de calmants
À l'écart de la vie et du désir.

Ma ville regarde vers le nord
Attachée à la pointe du sous-sol
Échangeant son horizon contre des pièces
Au sud de ceux qui regardent depuis le sol…