Mire amigo
(Canción litoraleña)
Mire amigo no venga
con esas cosas de las "cuestiones".*
Yo no le entiendo mucho
discúlpeme, soy medio "bagual".
Pero eso sí le digo
no me interesan las "elesiones";
los que no tienen plata
van de alpargatas:
todo sigue igual.
Fíjese por ejemplo
en don Segismundo
con diez mil cuadras:**
tiene dos hijos mozos
que son "dotores" en la ciudad.
Yo tengo cuatro crías
y a la más grande tuve que darla;
ninguno fue a la escuela
y pa' que "hagan muela"
me falta robar.
Mire amigo no venga
con que los "gringos" son gente "dada".
Yo lo vi a Mister "coso"
tomando whisky con los del "clú";
pero nunca lo "vide"
tomando "mate" con la peonada.
No dirá que "chupaban"
y que brindaban a mi "salú".
Mire amigo disculpe,
no se moleste, no tomo nada.
Yo no sé si "usté" sabe
que pa' la trilla hay que madrugar.
Los que nacimos peones
no conocemos las "trasnochadas".
Ando muy mal comido
y si tomo un vino me da por pelear.
* A pesar de haberlo escrito siempre de esta manera, en todas las versiones se le escucha decir "custiones".
** En las versiones anteriores dice "con tres mil cuadras".
(El texto presentado es transcripción fiel de como fue publicado en el inserto del disco Textos políticos, de 1980)
Regarde mon ami
(Chanson littorale)
Regarde mon ami, ne viens pas
avec ces histoires de "questions".*
Je ne comprends pas trop
excuse-moi, je suis un peu "bagual".
Mais ça, je te le dis,
les "lésions" ne m'intéressent pas ;
ceux qui n'ont pas de fric
vivent en espadrilles :
tout reste pareil.
Regarde par exemple
Monsieur Segismundo
avec dix mille hectares :**
il a deux fils jeunes
qui sont "docteurs" en ville.
J'ai quatre gamins
et à la plus grande, j'ai dû la donner ;
aucun n'est allé à l'école
et pour qu'ils "fassent des dents"
je dois voler.
Regarde mon ami, ne viens pas
avec l'idée que les "gringos" sont des gens "donnés".
Je l'ai vu, Mister "truc"
buvant du whisky avec ceux du "club" ;
mais je ne l'ai jamais "vu"
buvant du "mate" avec les ouvriers.
Tu ne diras pas qu'ils "buvaient"
et qu'ils portaient un toast à ma "santé".
Regarde mon ami, excuse-moi,
ne te fâche pas, je ne bois rien.
Je ne sais pas si "vous" savez
que pour la moisson, il faut se lever tôt.
Ceux qui sont nés ouvriers
ne connaissent pas les "nuit blanches".
Je mange très mal
et si je bois un verre, ça me donne envie de me battre.
* Bien que je l'aie toujours écrit de cette manière, dans toutes les versions, on l'entend dire "custiones".
** Dans les versions précédentes, il dit "avec trois mille hectares".
(Le texte présenté est une transcription fidèle de ce qui a été publié dans l'insertion du disque Textes politiques, de 1980)