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La Fenêtre de Mon Coeur

Amália Rodrigues

A Janela do Meu Peito

Lá vai brincando, pela mão de uma quimera
Essa garota que fui eu, sempre a sorrir
Como se a vida fosse eterna primavera
E não houvesse dores no mundo p’ra sentir

As gargalhadas vêm poisar na janela
E ao ouvi-las tenho mais pena de mim
Ai quem me dera rir ainda como ela
Mas quando rio, eu já não sei rir assim

Tenho a janela do peito
Aberta para o passado
Todo feito de fadistas e de fado
Espreita a alma na janela
Vai o passado a passar
E ao ver-se nela, a alma fica a chorar
Neste desfile que passa
Fica a saudade sózinha
Até a graça, perdeu a graça que tinha
Desilusões as que tive
Enchem a rua… Lá estão
E a gente vive dos tempos que já lá vão

Lá vem gingando nesse seu passo miúdo
Melena preta, calça justa afiambrada
Como mudamos, tu que foste para mim tudo
Hoje a meus olhos pouco mais és do que nada

Tuas chalaças de graçola e ironia
Eram da rua, andavam de boca em boca
Eu, era ver-te não sei o que sentia
Talvez loucura, que por ti andava louca

La Fenêtre de Mon Coeur

Là va en jouant, par la main d'une chimère
Cette fille que j'étais, toujours à sourire
Comme si la vie était un printemps éternel
Et qu'il n'y avait pas de douleurs dans le monde à ressentir

Les éclats de rire viennent se poser à la fenêtre
Et en les entendant, j'ai plus de peine pour moi
Ah, si seulement je pouvais rire encore comme elle
Mais quand je ris, je ne sais plus rire ainsi

J'ai la fenêtre du coeur
Ouverte sur le passé
Tout fait de fados et de chanteurs de fado
L'âme guette à la fenêtre
Le passé défile
Et en se voyant là, l'âme se met à pleurer
Dans ce défilé qui passe
La nostalgie reste seule
Même la grâce, a perdu la grâce qu'elle avait
Les désillusions que j'ai eues
Remplissent la rue… Les voilà
Et on vit des temps qui sont déjà loin

La voilà qui se déhanche avec son petit pas
Cheveux noirs, pantalon serré qui moule
Comme on a changé, toi qui étais tout pour moi
Aujourd'hui à mes yeux, tu n'es guère plus qu'un rien

Tes blagues pleines de grâce et d'ironie
Étaient de la rue, circulaient de bouche à oreille
Moi, te voir, je ne sais pas ce que je ressentais
Peut-être de la folie, car pour toi, j'étais folle

Escrita por: Alberto Janes