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Ballade pour un fou

Amelita Baltar

Balada Para Un Loco

Las tardecitas de buenos aires tienen ese que se yo, viste?
Yo salgo de casa por arenales, lo de siempre en la calle y en mi
Cuándo, de repente, de atrás de un árbol, se aparece él
Mezcla rara de penultimo linyera
Y de primer polizonte en el viaje a venus
Medio melón en la cabeza
Las rayas de la camisa pintadas en la piel
Dos medias suelas clavadas en los pies
Y una banderita de taxi libre levantada en cada mano
Parece que solo yo lo veo
Porque él pasa entre la gente y los maniquíes le guiñan
Los semáforos le dan tres luces celestes
Y las naranjas del frutero de la esquina
Le tiran azahares
Y así, medio bailando y medio volando
Se quita el melón, me saluda
Me regala una banderita y me dice

Ya sé que estoy piantao, piantao, piantao
No ves que va la luna rodando por callao
Que un corso de astronautas y niños, con un vals
Me baila alrededor... ¡bailá! ¡vení! ¡volá!

Ya sé que estoy piantao, piantao, piantao
Yo miro a buenos aires del nido de un gorrión
Y a vos te vi tan triste... ¡vení! ¡volá! ¡sentí!
El loco berretín que tengo para vos

¡Loco! ¡loco! ¡loco!
Cuando anochezca en tu porteña soledad
Por la ribera de tu sábana vendré
Con un poema y un trombón
A desvelarte el corazón

¡Loco! ¡loco! ¡loco!
Como un acróbata demente saltaré
Sobre el abismo de tu escote hasta sentir
Que enloquecí tu corazón de libertad
¡Ya vas a ver!

Y así diciendo, el loco me convida
A andar en su ilusión super-sport
Y vamos a correr por las cornisas
¡Con una golondrina en el motor!

Del manicomio nos aplauden: "¡viva! ¡viva! ¡viva!"
Los locos que inventaron el amor"
Y un ángel y un soldado y una niña
Nos dan un valsecito bailador

Nos sale a saludar la gente linda
Y el loco, loco mío, ¡qué sé yo!
Provoca campanarios con su risa
Y al fin, me mira, y canta a media voz

Quereme así, piantao, piantao, piantao
Trepate a esta ternura de locos que hay en mí
Ponete esta peluca de alondras, ¡y volá!
¡Volá conmigo ya! ¡volá, vení, volá!

Quereme así, piantao, piantao, piantao
Abrite los amores que vamos a intentar
La mágica locura total de revivir
¡Vení, volá, vení! ¡trai-lai-la-larará!

¡Viva! ¡viva! ¡viva!
Loco el y loca yo
¡Locos somos! ¡locos los dos!
¡Locos!¡locos!
¡Loca el y loca yo

Ballade pour un fou

Les petites soirées de Buenos Aires ont ce je ne sais quoi, tu vois ?
Je sors de chez moi par Arenales, c'est toujours pareil dans la rue et en moi
Quand, tout à coup, derrière un arbre, il apparaît
Mélange étrange de dernier clochard
Et de premier passager clandestin en route pour Vénus
Un melon sur la tête
Les rayures de la chemise peintes sur la peau
Deux semelles clouées aux pieds
Et un petit drapeau de taxi libre levé dans chaque main
On dirait que seul moi je le vois
Parce qu'il passe entre les gens et les mannequins lui font un clin d'œil
Les feux rouges lui donnent trois lumières bleues
Et les oranges du marchand de fruits au coin
Lui lancent des fleurs d'oranger
Et ainsi, à moitié dansant et à moitié volant
Il enlève le melon, me salue
Me donne un petit drapeau et me dit

Je sais que je suis fou, fou, fou
Tu ne vois pas que la lune roule sur Callao
Qu'un défilé d'astronautes et d'enfants, avec une valse
Danse autour de moi... danse ! viens ! vole !

Je sais que je suis fou, fou, fou
Je regarde Buenos Aires du nid d'un moineau
Et je t'ai vue si triste... viens ! vole ! ressens !
Le fou que j'ai pour toi

Fou ! fou ! fou !
Quand la nuit tombera dans ta solitude portuaire
Je viendrai par la rive de ton drap
Avec un poème et un trombone
Pour te réveiller le cœur

Fou ! fou ! fou !
Comme un acrobate fou je sauterai
Sur le bord de ton décolleté jusqu'à sentir
Que j'ai rendu fou ton cœur de liberté
Tu vas voir !

Et ainsi en disant, le fou m'invite
À rouler dans son illusion super-sport
Et nous allons courir sur les corniches
Avec une hirondelle dans le moteur !

De l'asile, ils nous applaudissent : "Vive ! Vive ! Vive !"
Les fous qui ont inventé l'amour
Et un ange, un soldat et une petite fille
Nous donnent une petite valse dansante

Les gens sympas viennent nous saluer
Et le fou, mon fou, je ne sais pas !
Provoque les clochers avec son rire
Et enfin, il me regarde, et chante à mi-voix

Aime-moi comme ça, fou, fou, fou
Grimpe sur cette tendresse de fous qui est en moi
Mets cette perruque d'hirondelles, et vole !
Vole avec moi maintenant ! vole, viens, vole !

Aime-moi comme ça, fou, fou, fou
Ouvre les amours que nous allons essayer
La magie totale de revivre
Viens, vole, viens ! trai-lai-la-larará !

Vive ! Vive ! Vive !
Fou lui et folle moi
Nous sommes fous ! fous tous les deux !
Fous ! fous !
Folle lui et folle moi

Escrita por: Astor Piazzolla