395px

Poissons de la Ville

Ana Belén

Peces De Ciudad

Se llamaba Alain Delon
El viajero que quiso enseñarme a besar
En la Gare d'Austerlitz

Primavera de un amor
Amarillo y fugaz como el Sol
Del veranillo de San Martín

Hay quien dice que fui yo
La primera en olvidar
Cuando en un Si bemol de Jacques Brel
Me perdí Dans le Port d'Amsterdam

En la Fatua Nueva York
Da más sombra que los limoneros
La Estatua de la Libertad

Pero en Desolation Row
Las sirenas de los petroleros
No dejan reír ni volar

Y en el coro de Babel
Desafina un español
No hay más ley que la ley del tesoro
En las minas del rey Salomón

Desafiando el oleaje, sin timón ni timonel
Por mis sueños va ligero de equipaje
Sobre un cascarón de nuez
Mi corazón de viaje

Luciendo los tatuajes
De un pasado bucanero
De un velero al abordaje, de
De, de un no te quiero querer

¿Y cómo huir cuando no quedan islas para naufragar?
Al país donde los sabios se retiran
Del agravio de buscar labios
Que sacan de quicio

Mentiras que ganan juicios tan sumarios
Que envilecen el cristal de los acuarios
De los peces de ciudad
Que perdieron las agallas
En un banco de morralla
Que nadan por no llorar

El Dorado era un champú
La virtud unos brazos en cruz
El pecado, una página web

En Macondo comprendí
Que al lugar donde has sido feliz
No debieras tratar de volver

Cuando en vuelo regular
Surge el cielo de Madrid
Me esperaban dos pies en el suelo
Que no se acordaban de mí

Y desafiando el oleaje, sin timón ni timonel
Por mis sueños va ligero de equipaje
Sobre un cascarón de nuez
Mi corazón de viaje

Luciendo los tatuajes
De un pasado bucanero
De un velero al abordaje, de
De un no te quiero querer

¿Y cómo huir cuando no quedan islas para naufragar?
Al país donde los sabios se retiran del agravio
De buscar labios
Que sacan de quicio

Mentiras que ganan juicios tan sumarios
Que envilecen el cristal de los acuarios
De los peces de ciudad
Que perdieron las agallas
En un banco de morralla
En una playa sin mar

Poissons de la Ville

Il s'appelait Alain Delon
Le voyageur qui voulait m'apprendre à embrasser
À la Gare d'Austerlitz

Printemps d'un amour
Jaune et fugace comme le Soleil
Du bel été de Saint-Martin

Il y en a qui disent que c'est moi
La première à oublier
Quand dans un Si bémol de Jacques Brel
Je me suis perdue Dans le Port d'Amsterdam

À la Fatua New York
Elle donne plus d'ombre que les citronniers
La Statue de la Liberté

Mais à Desolation Row
Les sirènes des pétroliers
Ne laissent ni rire ni voler

Et dans le chœur de Babel
Un espagnol désaccorde
Il n'y a pas d'autre loi que la loi du trésor
Dans les mines du roi Salomon

Défiant les vagues, sans gouvernail ni barreur
Par mes rêves va léger de bagages
Sur une coquille de noix
Mon cœur en voyage

Affichant les tatouages
D'un passé de flibustier
D'un voilier à l'abordage, de
De, de je ne veux pas t'aimer

Et comment fuir quand il n'y a plus d'îles pour naufrager?
Au pays où les sages se retirent
De l'affront de chercher des lèvres
Qui mettent hors de soi

Des mensonges qui gagnent des jugements si sommaires
Qui avilissent le cristal des aquariums
Des poissons de la ville
Qui ont perdu leurs branchies
Dans un tas de ferraille
Qui nagent pour ne pas pleurer

L'Eldorado était un shampoing
La vertu des bras en croix
Le péché, une page web

À Macondo j'ai compris
Que l'endroit où tu as été heureux
Tu ne devrais pas essayer de revenir

Quand dans un vol régulier
Le ciel de Madrid surgit
Deux pieds m'attendaient sur le sol
Qui ne se souvenaient pas de moi

Et défiant les vagues, sans gouvernail ni barreur
Par mes rêves va léger de bagages
Sur une coquille de noix
Mon cœur en voyage

Affichant les tatouages
D'un passé de flibustier
D'un voilier à l'abordage, de
De, de je ne veux pas t'aimer

Et comment fuir quand il n'y a plus d'îles pour naufrager?
Au pays où les sages se retirent de l'affront
De chercher des lèvres
Qui mettent hors de soi

Des mensonges qui gagnent des jugements si sommaires
Qui avilissent le cristal des aquariums
Des poissons de la ville
Qui ont perdu leurs branchies
Dans un tas de ferraille
Sur une plage sans mer

Escrita por: Joaquín Sabina / Pancho Varona