395px

Nostalgies

Andrés Calamaro

Nostalgias

Quiero emborrachar mi corazon
para apagar un loco amor
que mas que amor es un sufrir...
Y aqui vengo para eso,
a borrar antiguos besos
en los besos de otras bocas.
Si su amor fue flor de un dia,
por que causa es siempre mia
esa cruel preocupacion.
Quiero, por los dos, mi copa alzar
para olvidar mi obstinacion,
y mas la vuelvo a recordar.

Nostalgias...
de escuchar su risa loca
y sentir junto a mi boca
como un fuego su respiracion...
Angustias...
de sentirme abandonado
y pensar que otro a su lado
pronto, pronto le hablara de amor...
Hermano,
yo no quiero rebajarme
ni pedirle ni llorarle
ni decirle que no puedo mas vivir.
Desde mi triste soledad
vere caer las rosas muertas
de mi juventud.

Gime, bandoneon, tu tango gris
quizas a ti te hiera igual
algun amor sentimental...
Llora mi alma de fantoche
sola y triste en esta noche,
noche negra y sin estrellas.
Si las copas traen consuelo,
aqui estoy con mi desvelo
para ahogarlos otra una vez.
Quiero emborrachar al corazon
para despues poder brindar
por los fracasos de un amor.

Nostalgies

Je veux enivrer mon cœur
pour éteindre un amour fou
qui plus qu'amour est une souffrance...
Et me voilà pour ça,
pour effacer d'anciens baisers
avec les baisers d'autres bouches.
Si son amour n'était qu'une fleur d'un jour,
pourquoi est-ce toujours moi
qui porte ce cruel souci ?
Je veux, pour nous deux, lever mon verre
pour oublier mon obstination,
et pourtant je me remémore encore.

Nostalgies...
de l'entendre rire comme une folle
et sentir près de ma bouche
comme un feu sa respiration...
Angoisses...
de me sentir abandonné
et penser qu'un autre à ses côtés
bientôt, bientôt lui parlera d'amour...
Frère,
je ne veux pas me rabaisser
ni lui demander, ni pleurer
ni lui dire que je ne peux plus vivre.
Depuis ma triste solitude
je verrai tomber les roses fanées
de ma jeunesse.

Gémis, bandonéon, ton tango gris
peut-être que toi aussi tu es blessé
par un amour sentimental...
Pleure mon âme de pantin
seule et triste en cette nuit,
une nuit noire et sans étoiles.
Si les verres apportent du réconfort,
me voilà avec mon insomniaque
pour les noyer encore une fois.
Je veux enivrer le cœur
pour ensuite pouvoir trinquer
pour les échecs d'un amour.

Escrita por: Juan Carlos Cobian