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Guitare en deuil majeur

Ángel Parra

Guitarra en duelo mayor

Soldadito de Bolivia,
soldadito boliviano,
armado vas con tu rifle,
que es un rifle americano.

Te lo entregó un asesino,
soldadito boliviano,
regalo de Mr. Dólar,
para matar a tu hermano.

No sabes quién es el muerto,
soldadito boliviano,
el muerto es el Che Guevara,
que era argentino y cubano,
soldadito boliviano,
y también era tu hermano.

Está mi guitarra entera,
soldadito boliviano,
de luto pero no llora,
aunque llorar es humano.

No llora porque la hora,
soldadito boliviano,
no es de lágrima y pañuelo
sino de machete en mano.

Con el money que te paga,
soldadito boliviano,
que te compra, que te vendes,
es lo que piensa el tirano.

Despierta, que ya es de día,
soldadito boliviano,
está en pie ya todo el mundo,
porque el sol salió temprano.

Pero aprenderás seguro,
soldadito boliviano,
que a un hermano no se vende,
que no se mata a un hermano.

Guitare en deuil majeur

Petit soldat de Bolivie,
petit soldat bolivien,
tu fusil à la main,
c'est un fusil américain.

C'est un tueur qui te l'a donné,
petit soldat bolivien,
cadeau de Mr. Dollar,
pour tuer ton frère.

Tu ne sais pas qui est le mort,
petit soldat bolivien,
le mort c'est le Che Guevara,
qui était argentin et cubain,
petit soldat bolivien,
et c'était aussi ton frère.

Ma guitare est là, entière,
petit soldat bolivien,
de deuil mais elle ne pleure pas,
bien que pleurer soit humain.

Elle ne pleure pas car l'heure,
petit soldat bolivien,
n'est pas à la larme et au mouchoir
mais à la machette à la main.

Avec l'argent qu'on te file,
petit soldat bolivien,
que tu achètes, que tu vends,
c'est ce que pense le tyran.

Réveille-toi, il fait jour,
petit soldat bolivien,
tout le monde est déjà debout,
car le soleil s'est levé tôt.

Mais tu apprendras sûrement,
petit soldat bolivien,
qu'on ne vend pas un frère,
qu'on ne tue pas un frère.

Escrita por: Angel Parra