Barrio de Tango
Un pedazo de barrio, allá en Pompeya,
durmiéndose al costado del terraplén.
Un farol balanceando en la barrera
y el misterio de adiós que siembra el tren.
Un ladrido de perros a la luna.
El amor escondido en un portón.
Y los sapos redoblando en la laguna
y a lo lejos la voz del bandoneón.
Barrio de tango, luna y misterio,
calles lejanas, ¡cómo andarán!
Viejos amigos que hoy ni recuerdo,
¡qué se habrán hecho, dónde estarán!
Barrio de tango, qué fue de aquella,
Juana, la rubia, que tanto amé.
¡Sabrá que sufro, pensando en ella,
desde la tarde que la dejé!
Barrio de tango, luna y misterio,
¡desde el recuerdo te vuelvo a ver!
Un coro de silbidos allá en la esquina.
El codillo llenando el almacén.
Y el dramón de la pálida vecina
que ya nunca salió a mirar el tren.
Así evoco tus noches, barrio 'e tango,
con las chatas entrando al corralón
y la luna chapaleando sobre el fango
y a lo lejos la voz del bandoneón.
Quartier de Tango
Un morceau de quartier, là-bas à Pompeya,
qui s'endort au bord du talus.
Un lampadaire qui oscille à la barrière
et le mystère d'un adieu que sème le train.
Un aboiement de chiens à la lune.
L'amour caché derrière un portail.
Et les grenouilles qui résonnent dans la lagune
et au loin la voix du bandonéon.
Quartier de tango, lune et mystère,
ruelles lointaines, comment ça va ?
De vieux amis que je ne me rappelle même plus,
qu'est-ce qu'ils sont devenus, où sont-ils ?
Quartier de tango, que devient celle,
Juana, la blonde, que j'ai tant aimée.
Elle saura que je souffre, en pensant à elle,
de l'après-midi où je l'ai laissée !
Quartier de tango, lune et mystère,
de mes souvenirs, je te revois !
Un chœur de sifflements là au coin de la rue.
Le jambon remplissant l'épicerie.
Et le drame de la voisine pâle
qui n'est jamais sortie pour voir le train.
Ainsi j'évoque tes nuits, quartier de tango,
avec les charrettes entrant dans la cour
et la lune pataugeant dans la boue
et au loin la voix du bandonéon.
Escrita por: Homero Manzi, Troilo