395px

La Dernière Cuite

Anibal Troilo

La Ultima Curda (part. Edmundo Rivero)

Lastima, bandoneón
Mi corazón
Tu ronca maldición maleva
Tu lágrima de ron
Me lleva
Hacia el hondo bajo fondo
Donde el barro se subleva
¡Ya sé, no me digás! ¡Tenés razón!
La vida es una herida absurda
Y es todo, todo tan fugaz
Que es una curda, ¡nada más!
Mi confesión

Contame tu condena
Decime tu fracaso
¿No ves la pena
Que me ha herido?
Y hablame simplemente
De aquel amor ausente
Tras un retazo del olvido
¡Ya sé que me hace daño!
¡Yo sé que te lastimo
Llorando mi sermón de vino!

Pero es el viejo amor
Que tiembla, bandoneón
Y busca en el licor que aturde
La curda que al final
Termine la función
Corriéndole un telón al corazón
Un poco de recuerdo y sin sabor
Gotea tu rezongo lerdo
Marea tu licor y arrea
La tropilla de la zurda
Al volcar la última curda
Cerrame el ventanal
Arrastra el sol
Su lento caracol de sueño
¿No ves que vengo de un país
Que está de olvido, siempre gris
Tras el alcohol?

Contame tu condena
Decime tu fracaso
¿No ves la pena
Que me ha herido?
Y hablame simplemente
De aquel amor ausente
Tras un retazo del olvido
¡Ya sé que me hace daño!
¡Yo sé que te lastimo
Llorando mi sermón de vino!

Pero es el viejo amor
Que tiembla, bandoneón
Y busca en el licor que aturde
La curda que al final
Termine la función
Corriéndole un telón al corazón

La Dernière Cuite

Dommage, bandonéon
Mon cœur
Ta malédiction rugueuse
Ta larme de rhum
Me mène
Vers le fond profond
Où la boue se soulève
Je sais, ne me dis pas ! Tu as raison !
La vie est une blessure absurde
Et tout, tout est si fugace
Que c'est une cuite, rien de plus !
Ma confession

Raconte-moi ta condamnation
Dis-moi ton échec
Tu ne vois pas la peine
Qui m'a blessé ?
Et parle-moi simplement
De cet amour absent
Derrière un morceau d'oubli
Je sais que ça me fait mal !
Je sais que je te fais du mal
En pleurant mon sermon de vin !

Mais c'est le vieil amour
Qui tremble, bandonéon
Et cherche dans l'alcool qui étourdit
La cuite qui, à la fin
Mettra un terme au spectacle
Tirant un rideau sur le cœur
Un peu de souvenir et sans goût
Goutte à goutte, ton râle lent
Chavire ton alcool et pousse
La bande de la gauche
En renversant la dernière cuite
Ferme la fenêtre
Traîne le soleil
Son lent escargot de rêve
Tu ne vois pas que je viens d'un pays
Qui est de l'oubli, toujours gris
Derrière l'alcool ?

Raconte-moi ta condamnation
Dis-moi ton échec
Tu ne vois pas la peine
Qui m'a blessé ?
Et parle-moi simplement
De cet amour absent
Derrière un morceau d'oubli
Je sais que ça me fait mal !
Je sais que je te fais du mal
En pleurant mon sermon de vin !

Mais c'est le vieil amour
Qui tremble, bandonéon
Et cherche dans l'alcool qui étourdit
La cuite qui, à la fin
Mettra un terme au spectacle
Tirant un rideau sur le cœur

Escrita por: Aníbal Troilo, Cátulo Castillo