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La robe blanca

Anny Flore

Sa robe blanche (La robe blanche)

Ils n'ont pas le cœur gai dans leur humble chambrette
Les deux jeunes époux, honnêtes ouvriers
Car leur unique enfant, leur petite Jeannette,
Malade, à l'hôpital, un jour, dut s'en aller.
C'est aujourd'hui dimanche et c'est jour de visite
Et le pauvre mari s'habille prestement.
Sa femme lui dit : Pars et surtout reviens vite
Me dire comment va notre petite enfant.
Moi, t'accompagner, je ne puis
J'ai tant de travail. Dis-le-lui.

Pour finir la robe blanche
Qu'elle mettra le dimanche,
Aujourd'hui, je veux rester
Et je m'en vais bien travailler.
Je l'ornerai de dentelle,
De jolis rubans soyeux
Et notre fille sera belle
Comme un ange des cieux.

Le pauvre homme s'en va...
Marchant d'un pas rapide,
Il arrive bientôt... Il entre à l'hôpital
Sur le petit lit blanc et la mine livide,
Il aperçoit sa fille et la trouve plus mal.
Il va voir le docteur, le presse, le questionne :
Comprenez-moi, j'ai besoin de savoir.
Ah ! Je peux tout entendre, allez ! Je me raisonne...
Ayez donc du courage, il n'y a plus d'espoir.
Et le père, étouffant ses pleurs,
A l'enfant cache sa douleur.

Et sur sa couchette blanche,
Vivant son dernier dimanche,
En tendant ses petits bras,
L'enfant murmure à son papa :
Je veux ma robe en dentelle
Avec de beaux rubans bleus...
Tu l'auras et tu seras belle
Comme un ange des cieux.

Brisé par la douleur, il sort comme un homme ivre.
Et s'appuyant au mur, il marche en titubant,
Car sa femme, il le craint, ne pourra pas survivre
A la cruelle fin de sa petite enfant.
Mais il trouve la force en lui pourtant de dire,
Effaçant de son front le nuage soucieux,
A sa femme, en rentrant, presque dans un sourire :
Allons, console toi... Notre fille va mieux.
Et tandis que l'enfant se meurt,
La maman dit, la joie au cœur :

Regarde sa robe blanche
Qu'elle mettra le dimanche.
Pour la parer plus gaiement,
Que faut-il : dentelle ou ruban ?
Je crois qu'un peu de dentelle,
Répond-il, fera bien mieux...
Car il pense : Elle sera plus belle
Pour monter aux cieux.

La robe blanca

No tienen el corazón alegre en su humilde habitación
Los dos jóvenes esposos, honestos trabajadores
Porque su único hijo, su pequeña Jeannette,
Enferma, en el hospital, un día tuvo que irse.
Hoy es domingo y día de visita
Y el pobre esposo se viste rápidamente.
Su esposa le dice: Vete y sobre todo vuelve pronto
A decirme cómo está nuestra pequeña hija.
Yo no puedo acompañarte
Tengo tanto trabajo. Díselo.

Para terminar la robe blanche
Que se pondrá el domingo,
Hoy quiero quedarme
Y me voy a trabajar bien.
La adornaré con encaje,
Con bonitas cintas de seda
Y nuestra hija será hermosa
Como un ángel del cielo.

El pobre hombre se va...
Caminando rápidamente,
Pronto llega... Entra al hospital
En la pequeña cama blanca y el rostro lívido,
Ve a su hija y la encuentra peor.
Va a ver al doctor, lo presiona, lo interroga:
Entiéndame, necesito saber.
¡Ah! Puedo escucharlo todo, ¡vamos! Me controlo...
Ten coraje, ya no hay esperanza.
Y el padre, sofocando sus lágrimas,
A la niña le oculta su dolor.

Y en su camita blanca,
Viviendo su último domingo,
Extendiendo sus pequeños brazos,
La niña murmura a su papá:
Quiero mi vestido de encaje
Con hermosas cintas azules...
Lo tendrás y serás hermosa
Como un ángel del cielo.

Quebrado por el dolor, sale como un hombre ebrio.
Apoyándose en la pared, camina tambaleándose,
Porque teme que su esposa no pueda sobrevivir
Al cruel final de su pequeña hija.
Pero encuentra la fuerza en él para decir,
Borrando de su frente la nube preocupada,
A su esposa, al regresar, casi con una sonrisa:
Vamos, consuélate... Nuestra hija está mejor.
Y mientras la niña se muere,
La mamá dice, con alegría en el corazón:

Mira su vestido blanco
Que se pondrá el domingo.
Para adornarla más alegremente,
¿Qué hace falta: encaje o cinta?
Creo que un poco de encaje,
Responde él, quedará mucho mejor...
Porque piensa: Será más hermosa
Para subir al cielo.

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