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Une Paire de Bottes

Argentino Luna

Un Par De Botas

Sentao en su despacho el comisario, estaba hojeando expedientes
Cuando el cabo se presento trayendo al detenido
Un mozo de treinta años, a lo sumo
Vestía bomba-cha gris y corra lera, pilchas que a juzgar por la vejes
Daban pruebas de la miseria e su dueño

- Me lo entrego el sargento comisario, este es el que ante ayer robo unas botas del boliche de los Paz
- Unas botas? Ah aja
- Ladrón barato
- Como te llamas vos?
- Orencio nievas
- Y de ande sos?
- De aca mesmo señor
- Trabajas?
- No señor, no hallo trabajo
Estuve conchabo para la cosecha en la chacra e los bar cala, pero en cuantito termino la juntada e maíz, me echaron
Ahora hago algunas changas y ansí vivo
- A que le llamas changas, a andar robando?
El paisano bajo la vista al suelo
- Ande tenes las botas?
- En el rancho
- Cabo, mande a buscarlas y páselo nomas al calaboso, a este ratero, que ya vamos a ver cuanto le damos
Salio el cabo llevándose al detenido y el comisario, se quedo pensando
- Un par de botas
Ni pa robar sirven estos paisanos vagos
No habían pasado dos horas que un milico se le cuadro en la puerta
- Con licencias
Aqui tiene las botas comisario, me las dio la mujer del detenido, las tenia puesta el hijo, un chiquilin de unos siete años
- Ah aja, con que esas son las botas?
Son muy chicas pa ensuciarse las manos
Que decía la mujer?
- Y nada, lloraba como una Madalena, comisario, y cuando me iva dir, me dio esta carta, pa que se la entregara a ud. En sus propias manos
- Aver deame_
Jeh, mujeres que le piden los maridos, nada mas natural, pero lo malo que siempre los hayan angelitos aunque le hagan sombra al mesmo diablo
Pero esa carta, era distinta a todas
Escrita en un papel de estraza, mugriento y arrugao
Las palabras, eran una hilera torpe de garabatos, que había estampado la gracia y la inocencia, de aquella criaturita de siete años, ajeno por completo a la desgracia que la miseria echo sobre su rancho
El ceño el comisario se fruncía al tiempo que la iba descifrando
Y al acabar de leer casi temblaba, la hoja e papel entre sus manos
- Agente
- Mande mi comisario
- Vaya y deguelva a la mujer de Nievas, esas botas que ha tráido, dígale.. Dígale que jue un error, que nos disculpe
Dispués me le pregunta al bolichero, cuanto cuestan las botas, se las paga y que se olvide el caso
Espere, Espere no se vaya
A Orencio Nievas ya mesmo me lo larga, y que no deje de llegarse hasta aca, mañana mesmo
Puede que le haya encontrao, algún trabajo
Se retiro el milico tras la orden, el comisario se acomodo en la silla, y al par que liaba un poco de tabaco, repaso aquella carta, que aun temblaba como un pajarito hondeao entre sus manos

- Señores reyes magos
Yo les pido que se acuerden este año, de traerme las botitas
Yo soy bueno, y a según me han contao, los otros chicos
Si uno se porta bien todito el año, ustedes, no se olvidan del rigalo
Al apartar la mirada de la hoja, sintió como una brasa dentro el pecho, y echo ajuera la rabia murmurando
Mientras que la miseria haga ladrones de esta laya
Yo nunca... Servire pa comisario

Une Paire de Bottes

Assis dans son bureau, le commissaire feuilletait des dossiers
Quand le caporal se présenta avec le détenu
Un jeune homme d'une trentaine d'années, tout au plus
Il portait une veste grise et un pantalon usé, des fringues qui, à juger par leur état
Démontraient la misère de leur propriétaire

- Je l'ai remis au sergent commissaire, c'est lui qui avant-hier a volé des bottes dans le magasin des Paz
- Des bottes ? Ah ouais
- Voleur à deux balles
- Comment tu t'appelles ?
- Orencio Nievas
- Et d'où tu viens ?
- D'ici même, monsieur
- Tu travailles ?
- Non monsieur, je ne trouve pas de boulot
J'ai été engagé pour la récolte dans la ferme des Barcala, mais dès que la moisson de maïs a fini, ils m'ont viré
Maintenant je fais quelques petits boulots et c'est comme ça que je vis
- Qu'est-ce que tu appelles petits boulots, à voler ?
Le paysan baissa les yeux vers le sol
- Où sont les bottes ?
- Dans la cabane
- Caporal, allez les chercher et mettez-le directement au cachot, ce voleur, on va voir ce qu'on va lui donner
Le caporal sortit en emmenant le détenu et le commissaire resta pensif
- Une paire de bottes
Même pas bons à voler, ces paysans fainéants
Il n'était pas passé deux heures qu'un militaire se présenta à la porte
- Avec votre permission
Voici les bottes, commissaire, la femme du détenu me les a données, son fils les portait, un gamin d'environ sept ans
- Ah ouais, donc ce sont ces bottes ?
Elles sont trop petites pour se salir les mains
Que disait la femme ?
- Rien, elle pleurait comme une Madeleine, commissaire, et quand je partais, elle m'a donné cette lettre, pour que je vous la remette en main propre
- Laissez-moi voir_
Eh, les femmes qui demandent à leurs maris, rien de plus naturel, mais le problème, c'est qu'on trouve toujours des petits anges qui font de l'ombre au diable lui-même
Mais cette lettre, elle était différente des autres
Écrite sur un papier de récupération, sale et froissé
Les mots, c'étaient une série maladroite de gribouillis, qui portaient la grâce et l'innocence de ce petit enfant de sept ans, complètement étranger à la misère qui pesait sur sa cabane
Le front du commissaire se plissait en même temps qu'il déchiffrait
Et en finissant de lire, il tremblait presque, la feuille de papier entre ses mains
- Agent
- À vos ordres, commissaire
- Allez rendre à la femme de Nievas, ces bottes qu'elle a apportées, dites-lui... Dites-lui que c'était une erreur, qu'on s'excuse
Ensuite, demandez au tavernier combien coûtent les bottes, on les paie et qu'il oublie l'affaire
Attendez, attendez, ne partez pas
Orencio Nievas, je veux qu'il vienne ici même, et qu'il ne manque pas de se présenter demain
Peut-être que je lui ai trouvé un boulot
Le militaire se retira après l'ordre, le commissaire s'installa dans sa chaise, et tout en roulant un peu de tabac, il relut cette lettre, qui tremblait encore comme un petit oiseau dans ses mains

- Messieurs les rois mages
Je vous demande de vous souvenir cette année, de m'apporter des petites bottes
Je suis gentil, et d'après ce qu'on m'a dit, les autres enfants aussi
Si on se comporte bien toute l'année, vous, vous n'oubliez pas le cadeau
En détournant le regard de la feuille, il sentit comme une braise dans la poitrine, et il laissa échapper sa colère en murmurant
Tant que la misère fera de cette espèce des voleurs
Je ne... servirai jamais de commissaire

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