395px

Lettre à Mon Père Dans Le Ciel

Argentino Luna

Carta a Mi Padre En El Cielo

Padre, vengo del camino, hice un alto en tu morada
Traigo la frente cansada, quiero descansar un rato
La vida no da buen trato, si ya está la suerte echada

Aquel orgullo argentino que me enseñaste a sentir
Hoy tanto me hace sufrir, porque no puedo entender
Porque nos cuesta aprender, en esta tierra a vivir

Padre, te quiero contar, que allá por la gran ciudad
La mentira y la verda duermen bajo el mismo techo
Nada vale ser derecho ni vivir con dignidad

Hombres que en su largo hablar mentan la soberanía
A la patria noche y día venden al mejor postor
Y llenan el tirador con su charlatanería

Padre, yo sé que no es nuevo lo que te vengo a contar
Siempre le tocó bailar al gaucho con la más fea
Pero aunque usted no lo crea, algo tendrá que cambiar

Usted que arando la tierra, fue capitán de la espiga
Dijo a la semilla, amiga la tierra no tiene dueños
Y abrió surcos y gastó sueños
Volteando cardos y ortigas

A este granero del mundo, le llevan todos los granos
Pero en ese pasamanos, siempre salimos perdiendo
Ellos se quedan comiendo, nosotros nada en las manos

Padre mío, se habla tanto, todos tienen un banquito
Se mandan el discursito, pero nadie quiere arar
En cuestión de trabajar, se acabaron los gallitos

Por uno que vive arando y gastó su esfuerzo diario
Hay filas de intermediarios, zánganos que sin pudor
Se quedan con lo mejor y trabajan sin horario

Yo creía padre mío, que a martín fierro y su historia
Guardaría en mi memoria cual recuerdo solamente
Pero fierro está vigente, solo hernández está en la gloria

No hay mal que dure 100 años, ni tiento que no se corte
Y no hay pueblo que soporte el engaño eternamente
Vendrá un malón de decentes a mandar de sur a norte

Yo que nací campesino, con poca escuela rural
Aprendí del bien y el mal la perfecta diferencia
Del silencioso su ciencia y del bocón su inmoral

Me cuesta padre usted sabe, aguantar tanta indecencia
Porque mi gaucha conciencia no entiende porque razón
Los hijos del pago son hijos de la indiferencia

Lettre à Mon Père Dans Le Ciel

Père, je viens du chemin, j'ai fait une pause chez toi
J'ai le front fatigué, je veux me reposer un moment
La vie ne nous traite pas bien, si le sort est déjà jeté

Cet orgueil argentin que tu m'as appris à ressentir
Aujourd'hui me fait tant souffrir, car je ne peux pas comprendre
Pourquoi il nous est si difficile d'apprendre à vivre ici

Père, je veux te raconter, qu'à la grande ville là-bas
Le mensonge et la vérité dorment sous le même toit
Rien ne vaut d'être droit ni de vivre avec dignité

Des hommes qui dans leur long discours parlent de souveraineté
À la patrie nuit et jour, ils la vendent au meilleur enchérisseur
Et remplissent le barillet avec leur charlatanisme

Père, je sais que ce n'est pas nouveau ce que je viens te dire
Le gaucho a toujours dû danser avec la plus laide
Mais même si tu ne le crois pas, quelque chose devra changer

Toi qui en labourant la terre, étais capitaine de l'épi
Tu disais à la semence, amie, la terre n'a pas de propriétaires
Et tu as ouvert des sillons et dépensé des rêves
En retournant chardons et orties

À ce grenier du monde, ils emportent tous les grains
Mais dans ce passage, nous perdons toujours
Ils restent à manger, nous n'avons rien dans les mains

Mon père, on parle tant, tout le monde a un petit banc
Ils se lancent des discours, mais personne ne veut labourer
En matière de travail, les coqs se sont tus

Pour un qui vit en labourant et dépense son effort quotidien
Il y a des files d'intermédiaires, des fainéants sans vergogne
Qui prennent le meilleur et travaillent sans horaires

Je croyais, mon père, que l'histoire de Martín Fierro
Je la garderais en mémoire comme un simple souvenir
Mais Fierro est toujours d'actualité, seul Hernández est dans la gloire

Il n'y a pas de mal qui dure 100 ans, ni de lien qui ne se rompe
Et il n'y a pas de peuple qui supporte le mensonge éternellement
Un groupe de gens bien viendra commander du sud au nord

Moi qui suis né paysan, avec peu d'école rurale
J'ai appris du bien et du mal la parfaite différence
De celui qui se tait, sa science et du bavard son immoral

J'ai du mal, père, tu sais, à supporter tant d'indécence
Car ma conscience de gaucho ne comprend pas pourquoi
Les enfants du pays sont des enfants de l'indifférence

Escrita por: