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Chant à la Patagonie

Argentino Luna

Canto a La Patagonia

Una región inmensa aprisionada en mil sueños
Igual que un áspero poncho, de un parduzco amarillento
En su angustia permanente se acuna en un grito viejo
Mientras se afana mostrando las entrañas de su suelo

La región de la ventura, el sempiterno desierto
Solo con torres erguidas en ansiedad de progreso
Un alarido estridente revuelve el polvo reseco
Que ansía mostrar las arcas con mil tesoros dispersos

¡Patagonia! ¡Patagonia! Tu voz se convierte en eco
Para perderse lejana como una lengua de fuego
Cansada de arder tu furia en la hoguera del lamento
Cuando quedas en la ausencia adormecida en tus cerros

¿Cuándo llegará la hora? El ahora de tu tiempo
Poncho indio de mi patria, tibio, ancho y altanero

Sola en tu destino Sur, con ñanduces y chulengos
Tienes algo de alegría cuando se agrandan tus pueblos
Pero aun con tus raíces no retienes al viajero
Que siempre horizonte arriba, deja un adiós sin regresos

Tan solo a veces parece dar razones a tu anhelo
Si come en el Calafate y escala en el Chenque viejo
Va detrás de ese proverbio: Hay afanes terruñeros
Porque es ansiedad de muchos ser nacidos en tu seno
Nacer en la misma fuente de un pasado tesonero
Donde el cántaro se llena en que bebe el mundo entero

¿Cuándo llegará la hora, del ahora, de tu tiempo?
Aurora sur del camino, trepanador y pionero
Cuando muestras al ocaso las tintas de tus silencios
Los ojos corren absortos para robar sus destellos
Y, sin embargo, se ignoran, como si fueran misterios
Las verdades milenarias de tu pedregal inmenso

Patagonia ¡Patagonia! Tal vez en el tiempo nuevo
Verás crecer en tus piedras, con el corazón sediento
La generación ansiada, el estigma de tus sueños
Y en tu coro de paisajes, la razón de tus derechos

¡Me sangra la voz! ME SANGRA, para gritar que te quiero
Que eres parte de mis bienes, en mis afanes troveros
Yo quisiera haber nacido, igual que espolón guerrero
Para sangrarme las venas que me laten en el tiempo
Y decirle a los que miran desde un distinto concierto
¿Quieren saber que es la patria?
¡Miren a la Patagonia! Embriáguense con sus cielos
Y ensénenle a vuestras voces, el canto de nuestros vientos
Y sabrán que hay un destino marcado a fuerza de tiempo
Con virtud de poderío, con su historia de granero

Para que calmen el hambre los que quedan en silencio
Porque es un trozo de patria, que a la faz de nuestro suelo
Se levanta presuntuoso, puro, virgen, grande y nuevo
¡Argentina! Patagonia, con mi canto te venero

Chant à la Patagonie

Une région immense emprisonnée dans mille rêves
Comme un poncho rugueux, d'un jaune brunâtre
Dans son angoisse permanente, elle se berce d'un vieux cri
Alors qu'elle s'acharne à montrer les entrailles de son sol

La région de la chance, le désert éternel
Seulement avec des tours dressées en quête de progrès
Un cri strident soulève la poussière sèche
Qui désire montrer les coffres avec mille trésors éparpillés

Patagonie ! Patagonie ! Ta voix devient écho
Pour se perdre au loin comme une langue de feu
Fatiguée de brûler ta fureur dans le feu du lament
Quand tu restes dans l'absence endormie dans tes montagnes

Quand viendra l'heure ? L'heure de ton temps
Poncho indien de ma patrie, tiède, large et fier

Seule dans ton destin Sud, avec des nandous et des chulengos
Tu as un peu de joie quand tes villages grandissent
Mais même avec tes racines, tu ne retiens pas le voyageur
Qui toujours vers l'horizon, laisse un adieu sans retour

Parfois, il semble juste donner des raisons à ton désir
S'il mange au Calafate et grimpe au vieux Chenque
Il suit ce proverbe : Il y a des désirs de terre
Car c'est l'angoisse de beaucoup d'être nés dans ton sein
Naître à la même source d'un passé acharné
Où le pot se remplit de ce que boit le monde entier

Quand viendra l'heure, de l'heure, de ton temps ?
Aurore sud du chemin, grimpeur et pionnier
Quand tu montres au crépuscule les couleurs de tes silences
Les yeux courent absorbés pour voler leurs éclats
Et pourtant, ils s'ignorent, comme s'ils étaient des mystères
Les vérités millénaires de ton immense caillou

Patagonie ! Patagonie ! Peut-être dans le temps nouveau
Tu verras grandir dans tes pierres, avec le cœur assoiffé
La génération désirée, le stigmate de tes rêves
Et dans ton chœur de paysages, la raison de tes droits

Ma voix saigne ! ELLE SAIGNE, pour crier que je t'aime
Que tu es partie de mes biens, dans mes efforts de troubadour
Je voudrais être né, comme un guerrier en pointe
Pour saigner mes veines qui battent dans le temps
Et dire à ceux qui regardent d'un autre concert
Voulez-vous savoir ce qu'est la patrie ?
Regardez la Patagonie ! Enivrez-vous de ses cieux
Et enseignez à vos voix, le chant de nos vents
Et vous saurez qu'il y a un destin marqué par le temps
Avec la vertu de la puissance, avec son histoire de grenier

Pour apaiser la faim de ceux qui restent en silence
Car c'est un morceau de patrie, qui à la face de notre sol
Se lève présomptueux, pur, vierge, grand et nouveau
Argentine ! Patagonie, avec mon chant je te vénère

Escrita por: Argentino Luna / Aníbal Forcada