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Yav

Arkona

Yav

Yav', vizhu ten' tvoyu pred soboy.
Oshchushchaya dykhan'ye tvoye, na drugoy storone,
Na krayu mogily pustoy, ty zovesh' za soboy.
I, shagnuv mogilu chrez, ya dlan'yu dotronus' tebya,
Pal'tsy svoi vygryzaya do krovi, ot seroy zemli otchishchaya,
O vremeni ten' voproshaya tvoyu, chto yest' smert'.

Yav', lyudom isterzana, mrakom pokrytaya,
Zhivaya legenda umirayushchiy dney,
Derzha pokryvalo iz yada,
Ten'yu lozhas' na mogily iz smrada,
Stroit khramy stoletiy iz grudy kostey.

Ranennym sledom, stupaya vo t'me -
My mertvyye dushi planety
V zhivom odeyanii.
Mgloyu okutan svet, chto vo mne,
V izrublennoy chashe ispit' sladkiy med
Bezumno zhelaya,
Lozha vo lozhe sna.

Pustymi glazami
Zrit, ischezaya, mir.

Katitsya Yav'!
Katitsya Yav'!

Kolom - da v ovrag!
Komom - da vo mrak!

Bezhim, letim ternistoy tropoyu
K pereput'yu epokh!
Cherez bol', minuya kresty na doroge,
My, po grani zhizni i snov!

Luch - ne sled puti!
Mertvykh ne spasti!
Na rassvete dnya
Solntse ub'yet menya.

Tayet lyud litsami -
Padayut nits oni.
My - pokoleniye
Osvobozhdeniya!

Begi, isterzannyy sud'boy,
No izlaskannyy dlan'yu vetrov!
Begi, zaputannyy tropoyu iz zvezd,
Pozabytoye chado bogov!

Vyydu, solntsu poklonyus'!
YA ne v silakh, no zhivu.
Bol'no, bol'no, no smeyus',
Vypiv yada - ne umru!
Lezviyem porezhu Yav' -
L'yetsya alaya voda.
Kapley krovi svezhikh ran
Ocherchu epokhi stan.

Yav'! Ty bessmertna v svoyem otrazhenii,
Padshaya nits, vosstayushchaya vnov'!
Brodim v naslazhdenii
Postup'yu po venam tvoim,
Slovno lezviyem puskaya krov'!

Smotryu na mir, s usmeshkoy vziraya -
Lyud sazhaya na plet',
Nashi dushi iz tel zhadno szhiraya,
Skalya past', ulybayetsya smert'!

Vyydu, solntsu poklonyus'!
YA ne v silakh, no zhivu.
Slishkom bol'no, no smeyus' -
Vypiv yada - ne umru,
Tronuv vzorom etu Yav',
Chto kak talaya voda.
Probirayas' skvoz' durman,
Stonet Yav' ot svezhikh ran!

Vse eto - Yav'!

Vse eto - Yav'!
Bezropotno, drognuv ot krika mol'by
Za spokoystviye unyavshego spes',
I ruku na serdtse lozha,
K zemle padaya likom,
Tyazhko vzdykhaya, no my
Ostayemsya zdes'!

Katitsya Yav'!
Katitsya Yav'!

Kolom - da v ovrag!
Komom - da vo mrak!

Yav

Yav', je vois ton ombre devant moi.
Ressentant ta respiration, de l'autre côté,
Au bord de la tombe vide, tu m'appelles.
Et, en franchissant la tombe, je te toucherai de ma main,
Grattant mes doigts jusqu'au sang, me débarrassant de la terre grise,
Je questionne l'ombre du temps, ce qu'est la mort.

Yav', déformée par les gens, couverte de ténèbres,
Légende vivante mourante des jours,
Tenant un drap de poison,
L'ombre s'étend sur les tombes de la puanteur,
Construisant des temples de siècles à partir de tas d'os.

Avec une empreinte blessée, marchant dans l'obscurité -
Nous, âmes mortes de la planète
Dans un manteau vivant.
Enveloppé de brume, la lumière en moi,
Dans une coupe taillée, je bois le doux miel
Désespérément désireux,
Allongé dans le lit du rêve.

Avec des yeux vides
Regarde, disparaissant, le monde.

Yav' roule !
Yav' roule !

En rond - dans le ravin !
En boule - dans les ténèbres !

Nous courons, volons sur le chemin épineux
Vers le carrefour des époques !
À travers la douleur, contournant les croix sur la route,
Nous, sur le bord de la vie et des rêves !

Le rayon - ne suit pas le chemin !
Pas de sauver les morts !
À l'aube du jour
Le soleil me tuera.

Les visages des gens fondent -
Ils tombent à genoux.
Nous - la génération
De la libération !

Cours, torturé par le destin,
Mais caressé par la main des vents !
Cours, perdu sur le chemin des étoiles,
L'enfant oublié des dieux !

Je sortirai, je saluerai le soleil !
Je ne suis pas fort, mais je vis.
C'est douloureux, douloureux, mais je ris,
Avoir bu du poison - je ne mourrai pas !
Avec une lame, je couperai Yav' -
L'eau écarlate s'écoule.
Des gouttes de sang de blessures fraîches
Dessinent l'époque qui se tient.

Yav' ! Tu es immortelle dans ton reflet,
Tombée à genoux, te relevant à nouveau !
Errant dans le plaisir
Je progresse dans tes veines,
Comme une lame laissant couler le sang !

Je regarde le monde, souriant -
Les gens s'asseyent sur la toile,
Nos âmes de corps avides s'étendant,
La pierre tombale sourit à la mort !

Je sortirai, je saluerai le soleil !
Je ne suis pas fort, mais je vis.
Trop douloureux, mais je ris -
Avoir bu du poison - je ne mourrai pas,
Touchant du regard cette Yav',
Qui est comme de l'eau fondue.
En me frayant un chemin à travers l'ivresse,
Yav' gémit de blessures fraîches !

Tout cela - Yav' !

Tout cela - Yav' !
Sans hésitation, tremblant au cri de prière
Pour la paix du désespéré,
Et posant la main sur le cœur,
Tombant face contre terre,
Soupirant lourdement, mais nous
Restons ici !

Yav' roule !
Yav' roule !

En rond - dans le ravin !
En boule - dans les ténèbres !

Escrita por: Arkona