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Solveig: La Realeza del Rencor

Astrikos Katoikos

Solveig: La Royauté du Ressentiment

J'ai gardé mes anciens griefs
Dans leur funèbre héritage
Longtemps après les sévices
Leur fiel survivait aux ravages

Vrangar n'avait plus de règne
Dantalion plus de loi
Mais leur férule posthume
Prélevait son dû sur moi

De l'opprobre je fis demeure
De l'affront, une créance
Réclamant aux jours défaits
L'improbable repentance

Je nommais cela justice
J'en parais mon désespoir
Sans voir que cette vindicte
Rendait l'absent au pouvoir

Ressentiment, vieux créancier
Âpre usufruitier du soir
Tu rends son sceptre au geôlier
Dans les chambres de mémoire

Tu promets l'apurement
Tu reconduis la servitude
Et l'offenseur disparu
Règne encore en solitude

Certains crimes restent crimes
Sans absolution plénière
Nulle clémence ne transmue
Leur noirceur en autre matière

Délier Vrangar de ses chaînes
N'acquittait aucun forfait
Je rompais la survivance
Du pouvoir qu'il conservait

Je crus longtemps que la haine
Protégeait ma dignité
Qu'une rancune invaincue
Préservait ma liberté

Puis j'en discernai la ruse
La secrète suzeraineté
Le bourreau quittait sa geôle
Je gardais sa royauté

Ressentiment, vieux créancier
Âpre usufruitier du soir
Tu rends son sceptre au geôlier
Dans les chambres de mémoire

Tu promets l'apurement
Tu reconduis la servitude
Et l'offenseur disparu
Règne encore en solitude

Je ne dois nulle indulgence
À ceux voués à l'infamie
Nul hommage à leur puissance
Nul démenti de l'avanie

Ma mémoire sait leur faute
Sans leur céder ma tutelle
Et ma colère peut survivre
Sans me refaire leur vassale

L'opprobre conserve sa faute
Le forfait demeure avéré
Aucun pardon ne m'est requis
Pour cesser d'en être grevée

Ma délivrance n'absout rien
Des sévices de mes bourreaux
Elle éteint leur vieille créance
Et congédie leur joug féodal

Ressentiment, vieux créancier
Ta quittance est dérisoire
Tu lègues au lendemain
Les arrérages de l'histoire

Ce qui fut demeure inscrit
Sans indulgence expiatoire
Mais ceux qui m'ont enchaînée
Ne régneront plus dans ma mémoire

Solveig: La Realeza del Rencor

He guardado mis viejos rencores
En su herencia funesta
Mucho tiempo después de los abusos
Su veneno sobrevivía a los estragos

Vrangar ya no tenía reino
Dantalion ya no tenía ley
Pero su férula póstuma
Reclamaba su parte de mí

Del oprobio hice mi hogar
Del agravio, una deuda
Reclamando a los días derrotados
La improbable redención

Llamé a eso justicia
Y en ello se reflejaba mi desesperación
Sin ver que esta vindicta
Devolvía al ausente el poder

Rencor, viejo acreedor
Áspero usufructuario de la tarde
Devuelves su cetro al carcelero
En las habitaciones de la memoria

Prometes la liquidación
Reiteras la servidumbre
Y el ofensor desaparecido
Reina aún en soledad

Algunos crímenes siguen siendo crímenes
Sin absolución plena
Ninguna clemencia transforma
Su negrura en otra materia

Desatar a Vrangar de sus cadenas
No absolvió ningún delito
Rompía la supervivencia
Del poder que él conservaba

Creí durante mucho tiempo que el odio
Protegería mi dignidad
Que un rencor invicto
Preservaría mi libertad

Luego discerní la trampa
La secreta soberanía
El verdugo dejaba su celda
Yo mantenía su realeza

Rencor, viejo acreedor
Áspero usufructuario de la tarde
Devuelves su cetro al carcelero
En las habitaciones de la memoria

Prometes la liquidación
Reiteras la servidumbre
Y el ofensor desaparecido
Reina aún en soledad

No debo ninguna indulgencia
A aquellos condenados a la infamia
Ningún homenaje a su poder
Ningún desmentido de la afrenta

Mi memoria sabe su falta
Sin cederles mi tutela
Y mi ira puede sobrevivir
Sin convertirme en su vasalla

El oprobio conserva su falta
El delito permanece comprobado
Ningún perdón se me exige
Para dejar de estar gravada

Mi liberación no absuelve nada
De los abusos de mis verdugos
Apaga su vieja deuda
Y despide su yugo feudal

Rencor, viejo acreedor
Tu recibo es ridículo
Legas al mañana
Los intereses de la historia

Lo que fue permanece inscrito
Sin indulgencia expiatoria
Pero aquellos que me encadenaron
No reinarán más en mi memoria

Escrita por: Astrikos Katoikos