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Sans Cheval Et À Montiel

Atahualpa Yupanqui

Sin Caballo Y En Montiel

(Milonga)

Pasé de largo por Tala,
detenerme, ¿ para qué ¿.

Pasé de largo por Tala,
detenerme, ¿ para qué ¿.

De poco vale un paisano,
sin caballo y en Montiel.

De poco vale un paisano,
sin caballo y en Montiel.

Crucé por Altamirano,
por Sauce Norte crucé:
barro negro y huellas hondas,
como endenantes hallé.

De recuerdos y caminos,
un horizonte abarqué.
Lejos se fueron mis ojos,
como rastreando el ayer.

Climaco Acosta ya muerto,
Cipriano Vila también.

Climaco Acosta ya muerto,
Cipriano Vila también.

Dos orcones entrerrianos,
y una amistad sin revés.

Por eso, pasé de largo,
detenerme, ¿ para qué ¿.

De poco vale un paisano,
sin caballo y en Montiel.

Sin canto pasaba el río,
¿ para qué lo iba a tener ¿.

Sin canto pasaba el río,
¿ para qué lo iba a tener ¿.

Ancho camino de fugas,
callado tiene que ser.

Con mirada de otros años,
y otros tiempos contemplé,
sobre un mangrullo de talas,
el palmeral de Montiel.

La sombra de mi caballo,
junto al río divisé.

La sombra de mi caballo,
junto al río divisé.

Se me arrollaba en el alma,
las leguas que anduve en él.

Por eso, pasé de largo,
detenerme, ¿ para qué ¿.

De poco vale un paisano,
sin caballo y en Montiel.

En la orilla montielera,
tuve un rancho alguna vez.

En la orilla montielera,
tuve un rancho alguna vez.

Lo habrá volteado el olvido,
será tapera, no sé.

En la orilla montielera,
tuve un rancho alguna vez.

Por eso, pasé de largo,
detenerme, ¿ para qué ¿.

De poco vale un paisano,
sin caballo y en Montiel.

Sans Cheval Et À Montiel

(Milonga)

Je suis passé sans m'arrêter par Tala,
me stopper, pourquoi faire ?

Je suis passé sans m'arrêter par Tala,
me stopper, pourquoi faire ?

Un paysan n'a que peu de valeur,
sans cheval et à Montiel.

Un paysan n'a que peu de valeur,
sans cheval et à Montiel.

J'ai traversé Altamirano,
j'ai passé Sauce Norte :
de la boue noire et des traces profondes,
comme des souvenirs j'ai trouvé.

Des souvenirs et des chemins,
un horizon j'ai embrassé.
Loin s'en sont allés mes yeux,
comme traçant le passé.

Climaco Acosta est déjà mort,
Cipriano Vila aussi.

Climaco Acosta est déjà mort,
Cipriano Vila aussi.

Deux orcones entrerrians,
et une amitié sans retour.

C'est pourquoi, je suis passé sans m'arrêter,
me stopper, pourquoi faire ?

Un paysan n'a que peu de valeur,
sans cheval et à Montiel.

Le fleuve passait sans chant,
à quoi bon l'avoir ?

Le fleuve passait sans chant,
à quoi bon l'avoir ?

Un large chemin de fuites,
doit rester silencieux.

Avec le regard d'autres années,
et d'autres temps j'ai contemplé,
sur un mangrullo de talas,
le palmier de Montiel.

L'ombre de mon cheval,
près du fleuve j'ai aperçu.

L'ombre de mon cheval,
près du fleuve j'ai aperçu.

Elle s'enroulait dans mon âme,
les lieues que j'ai parcourues avec lui.

C'est pourquoi, je suis passé sans m'arrêter,
me stopper, pourquoi faire ?

Un paysan n'a que peu de valeur,
sans cheval et à Montiel.

Sur la rive montielera,
j'ai eu un ranch un jour.

Sur la rive montielera,
j'ai eu un ranch un jour.

L'oubli l'aura peut-être renversé,
ce sera une ruine, je ne sais pas.

Sur la rive montielera,
j'ai eu un ranch un jour.

C'est pourquoi, je suis passé sans m'arrêter,
me stopper, pourquoi faire ?

Un paysan n'a que peu de valeur,
sans cheval et à Montiel.

Escrita por: Atahualpa Yupanqui