395px

Temps de l'Homme (poème)

Atahualpa Yupanqui

Tiempo Del Hombre (poema)

La partícula cósmica que navega en mi sangre
Es un mundo infinito de fuerzas siderales.
Vino a mí tras un largo camino de milenios
Cuando, tal vez, fui arena para los pies del aire.

Luego fui la madera. raíz desesperada.
Hundida en el silencio de un desierto sin agua.
Después fui caracol quién sabe dónde.
Y los mares me dieron su primera palabra.

Después la forma humana desplegó sobre el mundo
La universal bandera del músculo y la lágrima.
Y creció la blasfemia sobre la vieja tierra.
Y el azafrán, y el tilo, la copla y la plegaria.

Entonces vine a américa para nacer en hombre.
Y en mí junté la pampa, la selva y la montaña.
Si un abuelo llanero galopó hasta mi cuna,
Otro me dijo historias en su flauta de caña.

Yo no estudio las cosas ni pretendo entenderlas.
Las reconozco, es cierto, pues antes viví en ellas.
Converso con las hojas en medio de los montes
Y me dan sus mensajes las raíces secretas.

Y así voy por el mundo, sin edad ni destino.
Al amparo de un cosmos que camina conmigo.
Amo la luz, y el río, y el silencio, y la estrella.
Y florezco en guitarras porque fui la madera.

Temps de l'Homme (poème)

La particule cosmique qui navigue dans mon sang
Est un monde infini de forces sidérales.
Elle est venue à moi après un long chemin de millénaires
Quand, peut-être, j'étais du sable sous les pieds de l'air.

Puis je suis devenu le bois, racine désespérée.
Enfoncé dans le silence d'un désert sans eau.
Après, j'ai été un escargot, qui sait où.
Et les mers m'ont donné son premier mot.

Ensuite, la forme humaine s'est déployée sur le monde
La bannière universelle du muscle et de la larme.
Et la blasphème a poussé sur la vieille terre.
Et le safran, et le tilleul, la chanson et la prière.

Alors je suis venu en Amérique pour naître homme.
Et en moi, j'ai rassemblé la pampa, la jungle et la montagne.
Si un grand-père llanero a galopé jusqu'à mon berceau,
Un autre m'a raconté des histoires avec sa flûte en roseau.

Je n'étudie pas les choses ni ne prétends les comprendre.
Je les reconnais, c'est vrai, car j'y ai vécu avant.
Je converse avec les feuilles au milieu des montagnes
Et les racines secrètes me donnent leurs messages.

Et ainsi je vais par le monde, sans âge ni destin.
À l'abri d'un cosmos qui marche avec moi.
J'aime la lumière, et la rivière, et le silence, et l'étoile.
Et je fleuris dans des guitares parce que j'étais le bois.

Escrita por: Atahualpa Yupanqui