395px

Le Chemin

Atahualpa Yupanqui

El Andar

A veces no comprendo mi rodar por el mundo
Este medir la tierra y el camino, y el mar
Esto, que siendo simple, se ha tornado profundo
Voz que ordena a mi paso más allá, más allá

Hasta donde conozco soy un ser sin marinos
Gente sin pasos largos ni fronteras vencidas
Manos que aprisionaron un sueño campesino
De melgas y picanas y relinchos y bridas

Porqué admiro castaños y encinas y hondos mares
Y aquel idioma extraño, y el violín que agoniza
Si una bárbara lengua de pampa y trebolares
Me dio a beber guitarras, que se hicieron ceniza

De dónde llega entonces la aventura del viaje
Si nada ha estado lejos, quizá una cordillera
Y esta dulce mentira de mudar los paisajes
Que son siempre los mismos, inviernos, primaveras

A veces no comprendo porqué camino tanto
Si no he de hallar la sombra que el corazón ansía
Quizá un profundo acordé, profundo como un llanto
He de escuchar un día, he de escuchar un día

Le Chemin

Parfois je ne comprends pas mon chemin dans ce monde
Cette mesure de la terre, du chemin et de la mer
Cela, qui étant simple, est devenu profond
Voix qui ordonne mes pas au-delà, au-delà

Jusqu'où je connais, je suis un être sans marins
Des gens sans grands pas ni frontières franchies
Des mains qui ont emprisonné un rêve de paysan
De sillons et de piques, de hennissements et de rênes

Pourquoi j'admire les châtaigniers et les chênes et les mers profondes
Et cette langue étrange, et le violon qui agonise
Si une langue barbare de pampas et de trèfles
M'a fait boire des guitares, qui sont devenues cendres

D'où vient alors l'aventure du voyage
Si rien n'a été loin, peut-être une cordillère
Et ce doux mensonge de changer les paysages
Qui sont toujours les mêmes, hivers, printemps

Parfois je ne comprends pas pourquoi je marche tant
Si je ne trouverai pas l'ombre que le cœur désire
Peut-être un accord profond, profond comme un pleur
Je devrais écouter un jour, je devrais écouter un jour

Escrita por: Atahualpa Yupanqui