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Le Têtu (feat. Silvio Rodriguez)

Luis Eduardo Aute

El Necio (part. Silvio Rodriguez)

Para no hacer de mi icono pedazos
Para salvarme entre únicos e impares
Para cederme un lugar en su parnaso
Para darme un rinconcito en sus altares
Me vienen a convidar a arrepentirme
Me vienen a convidar a que no pierda
Mi vienen a convidar a indefinirme
Me vienen a convidar a tanta mierda

Yo no sé lo que es el destino
Caminando fui lo que fui
Allá dios, que será divino
Yo me muero como viví

Yo quiero seguir jugando a lo perdido
Yo quiero ser a la zurda más que diestro
Yo quiero hacer un congreso del unido
Yo quiero rezar a fondo un hijonuestro
Dirán que pasó de moda la locura
Dirán que la gente es mala y no merece
Más yo seguiré soñando travesuras (acaso multiplicar panes y peces)

Yo no sé lo que es el destino
Caminando fui lo que fui
Allá dios, que será divino
Yo me muero como viví

Dicen que me arrastrarán por sobre rocas
Cuando la revolución se venga abajo
Que machacarán mis manos y mi boca
Que me arrancarán los ojos y el badajo
Será que la necedad parió conmigo
La necedad de lo que hoy resulta necio:
La necedad de asumir al enemigo
La necedad de vivir sin tener precio

Le Têtu (feat. Silvio Rodriguez)

Pour ne pas réduire mon icône en morceaux
Pour me sauver parmi les uniques et les impairs
Pour me céder une place dans son Parnasse
Pour me donner un petit coin dans ses autels
On vient me convier à me repentir
On vient me convier à ne pas perdre
On vient me convier à m'indéfinir
On vient me convier à tant de conneries

Je ne sais pas ce qu'est le destin
En marchant, j'ai été ce que j'ai été
Là-haut, Dieu, qui sera divin
Je meurs comme j'ai vécu

Je veux continuer à jouer à ce qui est perdu
Je veux être plus gaucher que droitier
Je veux faire un congrès de l'unité
Je veux prier à fond un Notre Père
Ils diront que la folie est passée de mode
Ils diront que les gens sont mauvais et ne méritent rien
Mais je continuerai à rêver de frasques (peut-être multiplier les pains et les poissons)

Je ne sais pas ce qu'est le destin
En marchant, j'ai été ce que j'ai été
Là-haut, Dieu, qui sera divin
Je meurs comme j'ai vécu

Ils disent qu'ils me traîneront sur des rochers
Quand la révolution s'effondrera
Qu'ils écraseront mes mains et ma bouche
Qu'ils m'arracheront les yeux et le battant
Serait-ce que la têtueté est née avec moi
La têtueté de ce qui est aujourd'hui insensé :
La têtueté d'assumer l'ennemi
La têtueté de vivre sans avoir de prix

Escrita por: Silvio Rodríguez Domínguez