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Garua

Cacho Castaña

Garua

Que noche llena de hastio y de frio,
El viento trae un extraño lamento,
Parece un pozo de sombras la noche,
Y yo en las sombras camino muy lento
Mientras tanto la garua se acentua con sus puas,
En mi corazón.

En esta noche tan fria y tan mia
Pensando siempre en lo mismo me abismo
Y aunque yo quiera arrancarla,
Desecharla y olvidarla
La recuerdo mas...

Garua!....
Solo y triste por la acera
Va este corazón transido
Con tristeza de tapera
Sintiendo...tu hielo
Porque aquella con su olvido
Hoy le ha abierto una gotera
Perdido!..
Como un duende que en la sombra
Mas la busca y más la nombra
Garua...tristeza
Hasta el cielo se ha puesto a llorar!....

Que noche llena de hastio y de frio
No se ve a nadie cruzar por la esquina
Sobre la calle la hilera de focos,
Lustra el asfalto con luz mortecina
Y yo voy como un descarte, siempre solo
Siempre aparte, recordandote...

Las gotas caen en el charco de mi alma
Hasta los huesos calados y helado..
Y humillando este tormento
Todavia pasa el viento...
Empujandome!

Garua

Quelle nuit pleine de lassitude et de froid,
Le vent apporte un étrange lament,
On dirait un puits d'ombres cette nuit,
Et moi dans l'ombre, je marche tout lentement
Pendant ce temps, la garua s'intensifie avec ses piques,
Dans mon cœur.

En cette nuit si froide et si mienne
Pensant toujours à la même chose, je me perds
Et même si je veux l'arracher,
La jeter et l'oublier
Je m'en souviens encore plus...

Garua!....
Seul et triste sur le trottoir
Va ce cœur transi
Avec la tristesse d'une ruine
Ressentant... ton froid
Parce qu'elle, avec son oubli
Aujourd'hui a ouvert une fuite
Perdu!..
Comme un lutin qui dans l'ombre
La cherche et la nomme encore plus
Garua... tristesse
Jusqu'au ciel qui s'est mis à pleurer!....

Quelle nuit pleine de lassitude et de froid
On ne voit personne passer au coin de la rue
Sur la route, la rangée de lampadaires,
Luit l'asphalte avec une lumière mourante
Et moi, je vais comme un déchet, toujours seul
Toujours à l'écart, te rappelant...

Les gouttes tombent dans la flaque de mon âme
Jusqu'aux os trempés et gelés..
Et humiliant ce tourment
Le vent passe encore...
Me poussant!

Escrita por: Aníbal Troilo / Enrique Cadícamo