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La Peine du Général

Café Guancasco

La Pena Del General

Hoy declaro que mi amor no ha muerto
Aunque el pueblo esta medio terco
Si lo dirigen puros cuervos
Con razón esta medio tuerto

Hoy declaro que mi patria es bella
Pero si te ponen querellas
Se amilanan los sentimientos
Se subastan nuestras estrellas

Te desmoronan hijos y gusanos
Se extienden sobre ti las alimañas
Y una tenaza te arrebata el sueño
Y un puñal con tu sangre te salpica
Mientras se despedaza tu estandarte

Alta es la noche y Morazán vigila

Hoy se fornican las intenciones
De los buenos por los ladrones
Se alimentan los gobernantes
Con dinero gringo arrogante

Hoy se regalan mil pesadillas
Por las sombras de los recuerdos
Pero puedes gritarle al viento
Que eres libre entre comillas

Ya viene el tigre enarbolando un hacha
Vienen a devorarte las entrañas
Vienen a dividir la estrella vienen, vienen
Pequeña América olorosa
A clavarte en la cruz a desollarte
A tumbar el metal de tu bandera
Alta es la noche y Morazán espera

Y alta la noche es ¡mi general deciles!
Dejen ya de ser del águila serviles
Y alta la noche es mi general se queja
¡Déjenme, déjenme bajar para aliviar sus penas!

Invasores llenaron tu morada
Y te partieron como fruta muerta
Y otros sellaron sobre tus espaldas
Los dientes de una estirpe sanguinaria
Otros te saquearon en los puertos
Cargando sangre sobre tus dolores
Es hoy, ayer, mañana, tú lo sabes

Y alta la noche es ¡mi general deciles!
Dejen ya de ser del águila serviles
Y alta la noche es mi general se queja
¡Déjenme, déjenme bajar para aliviar sus penas!

¡Hermanos amanece y Morazán vigila!

La Peine du Général

Aujourd'hui je déclare que mon amour n'est pas mort
Bien que le peuple soit un peu têtu
S'il est dirigé par des corbeaux
C'est normal qu'il soit un peu aveugle

Aujourd'hui je déclare que ma patrie est belle
Mais si tu fais des plaintes
Les sentiments s'éteignent
Nos étoiles sont mises aux enchères

Ils te détruisent, enfants et vers
Les vermines s'étendent sur toi
Et une tenaille te prend le sommeil
Et un poignard te éclabousse de ton sang
Pendant que ton étendard se déchire

La nuit est haute et Morazán veille

Aujourd'hui se forment les intentions
Des bons par les voleurs
Les gouvernants se nourrissent
Avec l'argent arrogant des ricains

Aujourd'hui mille cauchemars sont offerts
Par les ombres des souvenirs
Mais tu peux crier au vent
Que tu es libre entre guillemets

Le tigre arrive brandissant une hache
Ils viennent te dévorer les entrailles
Ils viennent diviser l'étoile, ils viennent, ils viennent
Petite Amérique odorante
À te clouer sur la croix, à te dépouiller
À faire tomber le métal de ton drapeau
La nuit est haute et Morazán attend

Et haute la nuit est ! Mon général, dites-leur !
Cessez d'être serviles à l'aigle
Et haute la nuit est, mon général se plaint
Laissez-moi, laissez-moi descendre pour soulager vos peines !

Des envahisseurs ont rempli ta demeure
Et t'ont coupé comme un fruit mort
Et d'autres ont scellé sur tes épaules
Les dents d'une lignée sanguinaire
D'autres t'ont pillé dans les ports
Portant du sang sur tes douleurs
C'est aujourd'hui, hier, demain, tu le sais

Et haute la nuit est ! Mon général, dites-leur !
Cessez d'être serviles à l'aigle
Et haute la nuit est, mon général se plaint
Laissez-moi, laissez-moi descendre pour soulager vos peines !

Frères, le jour se lève et Morazán veille !

Escrita por: Pablo Neruda, Pavel Cruz