395px

Ballade pour une Vieille Dame

Carlos do Carmo

Balada Para uma Velhinha

Num banco de jardim uma velhinha
está tão só com a sombrinha
que é o seu pano de fundo.
Num banco de jardim uma velhinha
está sozinha, não há coisa
mais triste neste mundo.
E apenas faz ternura, não faz pena,
não faz dó,
pois tem no rosto um resto de frescura.
Já coseu alpergatas e
bandeiras verdadeiras.
Amargou a pobreza até ao fundo.
Dos ossos fez as mesas e as cadeiras,
as maneiras
que a fazem estar sentada sobre o mundo.
Neste jardim ela
à trepadeira das canseiras
das rugas onde o tempo
é mais profundo.
Num banco de jardim uma velhinha
nunca mais estará sozinha,
o futuro está com ela,
e abrindo ao sol o negro da
sombrinha poidinha,
o sol vem namorá-la da janela.
Se essa velhinha fosse
a mãe que eu quero,
a mãe que eu tinha,
não havia no mundo outra mais bela.
Num banco de jardim uma velhinha
faz desenhos nas pedrinhas
que, afinal, são como eu.
Sabe que as dores que tem também são minhas,
são moinhas do filho a desbravar que Deus lhe deu.
E, em volta do seu banco, os
malmequeres e as andorinhas
provam que a minha mãe nunca morreu.

Ballade pour une Vieille Dame

Sur un banc de jardin, une vieille dame
est si seule avec son ombrelle
qui est son fond d'écran.
Sur un banc de jardin, une vieille dame
est isolée, il n'y a rien
de plus triste dans ce monde.
Et elle ne fait que de la tendresse, pas de pitié,
pas de chagrin,
puisqu'il lui reste un peu de fraîcheur sur le visage.
Elle a déjà cousu des espadrilles et
vraies banderoles.
Elle a goûté à la pauvreté jusqu'au fond.
Avec des os, elle a fait des tables et des chaises,
les manières
qui la font s'asseoir sur le monde.
Dans ce jardin, elle
à la grimpante des peines
où les rides, le temps
est plus profond.
Sur un banc de jardin, une vieille dame
ne sera plus jamais seule,
le futur est avec elle,
et en ouvrant au soleil le noir de
son ombrelle usée,
le soleil vient la courtiser par la fenêtre.
Si cette vieille dame était
la mère que je désire,
la mère que j'avais,
il n'y aurait pas dans le monde une plus belle.
Sur un banc de jardin, une vieille dame
fait des dessins sur les cailloux
qui, après tout, me ressemblent.
Elle sait que les douleurs qu'elle a sont aussi les miennes,
ce sont les peines du fils à défricher que Dieu lui a donné.
Et, autour de son banc, les
marguerites et les hirondelles
prouvent que ma mère n'est jamais morte.

Escrita por: Ary Dos Santos