Viejo Smoking
Campaneá cómo el cotorro va quedando despoblado
todo el lujo es la catrera compadreando sin colchón
y mirá este pobre mozo cómo ha perdido el estado,
amargado, pobre y flaco como perro de botón.
Poco a poco todo ha ido de cabeza p'al empeño
se dio juego de pileta y hubo que echarse a nadar...
Sólo vos te vas salvando porque pa' mi sos un sueño
del que quiera Dios que nunca me vengan a despertar.
Viejo smocking de los tiempos
en que yo también tallaba...
¡Cuánta papusa garaba
en tus solapas lloró!
Solapas que con su brillo
parece que encandilaban
y que donde iba sentaban
mi fama de gigoló.
Yo no siento la tristeza de saberme derrotado
y no me amarga el recuerdo de mi pasado esplendor;
no me arrepiento del vento ni los años que he tirado,
pero lloro al verme solo, sin amigos, sin amor;
sin una mano que venga a llevarme una parada,
sin una mujer que alegre el resto de mi vivir...
¡Vas a ver que un día de éstos te voy a poner de almohada
y, tirao en la catrera, me voy a dejar morir!
Viejo smocking, cuántas veces
la milonguera más papa
el brillo de tu solapa
de estuque y carmín manchó
y en mis desplantes de guapo
¡cuántos llantos te mojaron!
¡cuántos taitas envidiaron
mi fama de gigoló!
Vieux Smoking
Fais sonner comme le perroquet qui se vide de sa foule
Tout le luxe est dans le lit, à traîner sans matelas
Et regarde ce pauvre gars comme il a perdu son éclat,
Amère, pauvre et maigre comme un chien de faïence.
Peu à peu tout a basculé dans l'effort
On a joué à la piscine et il a fallu se jeter à l'eau...
Toi seul tu t'en sors, car pour moi tu es un rêve
Que Dieu veuille que jamais on ne vienne me réveiller.
Vieux smoking des temps
Où moi aussi je brillais...
Combien de belles meufs
Ont pleuré sur tes revers !
Revers qui, avec leur éclat,
Semblent éblouir
Et où que j'aille, ils posaient
Ma réputation de gigolo.
Je ne ressens pas la tristesse de me savoir vaincu
Et le souvenir de ma splendeur passée ne m'attriste pas ;
Je ne regrette ni le vent ni les années que j'ai perdues,
Mais je pleure de me voir seul, sans amis, sans amour ;
Sans une main qui vienne me prendre un arrêt,
Sans une femme qui égaye le reste de ma vie...
Tu vas voir qu'un jour je vais te mettre comme oreiller
Et, allongé sur le lit, je vais me laisser mourir !
Vieux smoking, combien de fois
La milonguera la plus belle
A taché l'éclat de ton revers
De soie et de carmin
Et dans mes airs de beau gosse
Combien de larmes t'ont mouillé !
Combien de papas ont envié
Ma réputation de gigolo !