Silbando
Una calle en Barracas al sur
Una noche de verano
Cuando el cielo es más azul
Y más dulzón el canto del barco italiano
Con su luz mortecina, un farol
En las sombras parpadea
Y en un zaguán está un galán
Hablando con su amor
Y desde el fondo del dock
Gimiendo en lánguido lamento
El eco trae un acento
De un monótono acordeón
Y cruza el cielo un aullido
De algún perro vagabundo
Y un reo meditabundo va silbando esta canción
Una calle, un farol, ella y el
Y llegando sigilosa
La sombra del hombre aquel
A quien infiel dejo una vez la ingrata moza
Un gemido y un grito mortal
Y brillando entre las sombras
El relumbron con que un facón
Da su tajo fatal
Y, desde el fondo del dock
Gimiendo en lánguido lamento
El eco trae un acento
De un monótono acordeón
Y al son que el fuelle resonga
En el eco se prolonga
Y el alma de la milonga
Va diciendo su emoción
Sifflement
Une rue à Barracas au sud
Une nuit d'été
Quand le ciel est plus bleu
Et plus doux le chant du bateau italien
Avec sa lumière vacillante, un lampadaire
Dans l'ombre clignote
Et dans un hall se tient un beau
Parlant avec son amour
Et depuis le fond du quai
Gémissant dans un lament langoureux
L'écho apporte un accent
D'un accordéon monotone
Et traverse le ciel un hurlement
D'un chien errant
Et un détenu pensif siffle cette chanson
Une rue, un lampadaire, elle et lui
Et s'approchant furtivement
L'ombre de cet homme
Que la ingrate a trahi une fois
Un gémissement et un cri mortel
Et brillant entre les ombres
Le reflet avec lequel un couteau
Fait sa coupure fatale
Et, depuis le fond du quai
Gémissant dans un lament langoureux
L'écho apporte un accent
D'un accordéon monotone
Et au son que le soufflet résonne
Dans l'écho se prolonge
Et l'âme de la milonga
Exprime son émotion
Escrita por: Cátulo Castillo / Jose Gonzalez Castillo / Sebastián Piana