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Pain

Carlos Gardel

Pan

Él sabe que tiene para rato largo
La sentencia en fija lo va a hacer sonar
Así, entre cabrero, sumiso y amargo
La luz de la aurora lo va a visitar
Quisiera que alguno pudiera escucharlo
En esa elocuencia que las penas dan
Y ver si es humano querer condenarlo
Por haber robado un cacho de pan

Sus hijos no lloran por llorar
Ni piden masitas
¡Ni chiches, ni dulces, señor!
Sus hijos se mueren de frío
Y lloran hambrientos de pan
La abuela se queja de dolor
Doliente reproche que ofende a su hombría
También su mujer, escuálida y flaca, en una mirada
Toda la tragedia le ha dado a entender

¿Trabajar? ¿Adónde? Extender la mano
Pidiendo al que pasa, limosna, ¿por qué?
Recibir la afrenta de un: Perdone hermano
El que es fuerte y tiene valor y altivez
Se durmieron todos, cacho la barreta
Si Jesús no ayuda que ayude satán
Un vidrio, unos gritos, carreras, auxilio
Un hombre que llora y un cacho de pan

Pain

Il sait qu'il a encore du temps
La sentence va le faire résonner
Ainsi, entre fierté, soumis et amer
La lumière de l'aube va lui rendre visite
J'aimerais que quelqu'un puisse l'écouter
Dans cette éloquence que les peines apportent
Et voir s'il est humain de vouloir le condamner
Pour avoir volé un morceau de pain

Ses enfants ne pleurent pas pour pleurer
Ni ne demandent des gâteaux
Ni des jouets, ni des bonbons, monsieur !
Ses enfants meurent de froid
Et pleurent affamés de pain
La grand-mère se plaint de douleur
Un reproche douloureux qui offense sa virilité
Sa femme aussi, maigre et frêle, d'un regard
Toute la tragédie lui a fait comprendre

Travailler ? Où ça ? Tendre la main
Demandant à celui qui passe, une aumône, pourquoi ?
Recevoir l'affront d'un : Désolé frère
Celui qui est fort et a du courage et de la fierté
Ils se sont tous endormis, je casse la barre
Si Jésus n'aide pas, que Satan aide
Un verre, des cris, des courses, au secours
Un homme qui pleure et un morceau de pain