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Nuits de Montmartre

Carlos Gardel

Noches de Montmartre

Muñequita de lujo, labios pintados,
silueta dibujada con gran chique.
Viva tu madre ahijuna, parla italiano,
Montmartre es luz, es coctel, torre Babel.

Abismo del otario, puerto del vivo,
vidriera de los vicios sin mostrador,
donde se cambia el oro por las mentiras,
y se compra al contado el falso amor.

Montmartre, Place Pigalle a medianoche,
Montmartre, cortesana en regio coche.
Los besos... del champan la ultima copa
la beberas en la boca, perfumada, de la mujer de Paris.

Jazz bands y balalaikas, y bandoneones,
mil besos, mil mujeres, el carnaval
del mundo todo el año, corsos, pasiones
desata aqui en Montmartre, su bacanal.

En tanto que en la oscura calle desierta,
recostada en la puerta de algun bistrot,
Mimi con hambre y frio, recuerda el viejo,
romantico Montmartre que ayer paso.

Montmartre, Place Pigalle a medianoche,
Montmartre, cortesana en regio coche.
Los besos, el champan, la ultima copa
la beberas en la boca, perfumada, de la mujer de Paris.

Nuits de Montmartre

Poupée de luxe, lèvres maquillées,
silhouette dessinée avec grand chic.
Vive ta mère, ma chérie, parle italien,
Montmartre est lumière, est cocktail, tour de Babel.

Abîme des naïfs, port des vivants,
vitrine des vices sans comptoir,
d'où l'on échange l'or contre des mensonges,
et où l'on achète au comptant le faux amour.

Montmartre, Place Pigalle à minuit,
Montmartre, courtisane dans un carrosse royal.
Les baisers... du champagne, le dernier verre
tu le boiras dans la bouche, parfumée, de la femme de Paris.

Groupes de jazz et balalaïkas, et bandonéons,
mille baisers, mille femmes, le carnaval
du monde toute l'année, corsos, passions
se déchaînent ici à Montmartre, sa bacchanale.

Alors que dans la rue sombre et déserte,
adossée à la porte d'un bistrot,
Mimi, affamée et frigorifiée, se souvient de l'ancien,
romantique Montmartre qui est passé hier.

Montmartre, Place Pigalle à minuit,
Montmartre, courtisane dans un carrosse royal.
Les baisers, le champagne, le dernier verre
tu le boiras dans la bouche, parfumée, de la femme de Paris.

Escrita por: Manuel Pizarro