Cruz de Palo
Juntito al arroyo
Besao por los sauces
Y poblao de flores
De pasto y de luz
Sin letras, crespones
Ni nombres tallados
Se alzan junto a un sauce
Dos palos en cruz
Una sepultura
Que entuavia el cardo
No pudo cercarla
Y en donde el chus-chus
De alguna lechuza
Se escucha agorera
Sobre la cimera
De esa vieja cruz
El sauce le llora
Un Ave María
El boyero en cada
Chiflido que da
Acaso le quiere
Rezar un bendito
Junto con las quejas
Que entona el sabía
Dicen los más viejos
Haciéndose cruces
Que al pasar de noche
Por aquel lugar
Oyen que se quejan
Los ñacurutuces
De un modo tan fiero
Que hasta hace llorar
Y en las noches malas
Cuando suena el viento
Su vago lamento
Por el saucedal
Por la cruz de palo
Una luz camina
Que corre y que vuela
Por el pastizal
Pa un día de difuntos
De hace varios años
Se acerco una moza
Juntito a la cruz
La cabeza envuelta
En negro rebozo
Los ojos llorosos
Tristes y sin luz
Que frío, canejo
Sentirán los muertos
Pues la moza aquella
Se le arrodillo
Lloro cuanto quiso
Besuqueo la tumba
Le dijo: Hasta pronto
Pero no volvió
Croix de Bois
Tout près du ruisseau
Embrassé par les saules
Et rempli de fleurs
D'herbe et de lumière
Sans lettres, sans crêpes
Ni noms gravés
Se dressent près d'un saule
Deux bâtons en croix
Une sépulture
Que le chardon n'a pu
Entourer
Et où le chus-chus
D'une chouette
S'entend de manière sinistre
Sur la cime
De cette vieille croix
Le saule pleure
Un Ave Maria
Le conducteur de bétail à chaque
Sifflement qu'il fait
Peut-être veut-il
Réciter une prière
Avec les plaintes
Que chante le sage
Les plus vieux disent
En se faisant des croix
Que la nuit passée
Par cet endroit
Ils entendent les plaintes
Des ñacurutuces
D'une manière si féroce
Qu'elles font pleurer
Et dans les mauvaises nuits
Quand le vent souffle
Son vague lament
À travers le saule
Pour la croix de bois
Une lumière marche
Qui court et vole
À travers le pâturage
Pour un jour des morts
D'il y a plusieurs années
Une jeune fille s'est approchée
Tout près de la croix
La tête enveloppée
Dans un noir rebozo
Les yeux en larmes
Tristes et sans lumière
Quel froid, mon vieux
Ressentiront les morts
Car cette jeune fille
S'est agenouillée
A pleuré autant qu'elle a voulu
Embrassé la tombe
Elle a dit : À bientôt
Mais elle n'est pas revenue
Escrita por: E. Cadicamo / G. Barbieri