395px

De Puro Guapo

Carlos Gardel

De Puro Guapo

A los conciertos que dan los fuelles
Protestadores en sus gemidos
Se están luciendo con sus quebradas
Los compadrones en el lugar

Y las chirusas endomingadas
En sus miradas tienen el brillo
De la alegría que ha derramado
El tango errante y sentimental

En medio del conventillo
Se ha parado un compadrito
Que contempla de hito en hito
Toda la gente en su excitación

Nada le importa que allí se baile
Él a bailar no ha venido
Busca a aquella que lo ha herido
En medio del corazón

Y cuando encuentra a la traicionera
A la ladrona de su ilusión
La mano crispa con ansia fiera
Sobre la masa de su facón

Y como un tigre sobre su presa
Salta ligero y asesta un tajo
Que roja marca deja sangrando
Y el tango muere en el bandoneón

Y luego, sin darse prisa
Apartando a los curiosos
Se retira receloso
Ante un murmullo de admiración

Pero apenas dio algunos pasos
Se volvió y con arrebato
Les gritó de puro guapo
Me he cobrado su traición

Y las chirusas endomingadas
En sus miradas tienen el brillo
De la alegría que ha derramado
El tango errante y sentimental

De Puro Guapo

Aux concerts où jouent les accordéons
Les manifestants dans leurs gémissements
Ils se mettent en valeur avec leurs déboires
Les gros durs dans le coin

Et les filles bien habillées
Dans leurs regards brillent l'éclat
De la joie qu'a répandue
Le tango errant et sentimental

Au milieu du petit immeuble
Un petit dur s'est arrêté
Qui contemple d'un œil avisé
Toute la foule dans son excitation

Peu lui importe qu'on danse là
Lui, il n'est pas venu pour ça
Il cherche celle qui l'a blessé
Au fond de son cœur

Et quand il trouve la traîtresse
La voleuse de son illusion
Sa main se crispe avec une rage féroce
Sur la poignée de son couteau

Et comme un tigre sur sa proie
Il bondit léger et porte un coup
Qui laisse une marque rouge qui saigne
Et le tango meurt dans le bandonéon

Puis, sans se presser
Écartant les curieux
Il s'éloigne méfiant
Sous un murmure d'admiration

Mais à peine a-t-il fait quelques pas
Il se retourne et avec fougue
Il leur crie de pur macho
Je me suis vengé de sa trahison

Et les filles bien habillées
Dans leurs regards brillent l'éclat
De la joie qu'a répandue
Le tango errant et sentimental

Escrita por: R. Iriarte, J. C. Fernández Díaz