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Gajito de Cedrón

Carlos Gardel

Gajito de Cedrón

Te acordás que fue en domingo
Que te vi por vez primera
Después de aquella carrera
Que yo gané con mi pingo

Se bailaba en lo del gringo
El puestero del bañao
Yo te miraba embobao
Como zorro en gallinero
Cuando gritó el bastonero
Pa' tuitos! Gato polqueao

Yo te dije con temores
Diga moza, ¿me acompaña?
Vos retrucaste con maña
Como no! De mil amores

Vos revoleaste las flores
De tu pollera escarlata
Yo empecé a menear la pata
Y uno de tantos mirones
Dijo: Voy diez patacones
Al de las tabas de plata

Terminó el gato polqueao
Se sentaron las parejas
Y en un rincón varias viejas
Hablaban de lo pasao
Y yo que estaba a tu lao
Haciéndome el inocente
Te di un beso y de ripente
Y una vieja oyó el chasquido
Y dijo: Gaucho atrevido
Ya ni respeta que hay gente!

Lindo tiempo aquel canejo
Cuando entuavía me amabas
Y a los bailongos llegabas
En ancas de mi azulejo

Ya solo queda el riflejo
De tantos lindos domingos
Te casaron con un gringo
Que tenía mucha plata
Pero... Esa carrera, ñata
Ya la había ganao mi pingo

Gajito de Cedrón

Tu te souviens, c'était un dimanche
Que je t'ai vue pour la première fois
Après cette course
Que j'ai gagnée avec mon cheval

On dansait chez le gringo
Le tenancier du bain
Je te regardais, ébloui
Comme un renard dans un poulailler
Quand le tambour a crié
Pour tous ! Gato polqueao

Je t'ai dit avec des doutes
Dis-moi, mademoiselle, tu viens ?
Tu as répliqué avec malice
Bien sûr ! De mille amours

Tu as lancé les fleurs
De ta jupe écarlate
J'ai commencé à bouger les pieds
Et un des nombreux curieux
A dit : Je mets dix patacones
Sur celui avec les dés en argent

Le gato polqueao s'est terminé
Les couples se sont assis
Et dans un coin, plusieurs vieilles
Parlaient de ce qui s'est passé
Et moi, qui étais à tes côtés
Faisant l'innocent
Je t'ai volé un baiser, soudain
Et une vieille a entendu le bruit
Et a dit : Gaucho audacieux
Il ne respecte même plus les gens !

Quel beau temps, ce petit coquin
Quand tu m'aimais encore
Et que tu venais aux bals
Sur le dos de mon azulejo

Il ne reste que le reflet
De tant de beaux dimanches
On t'a mariée à un gringo
Qui avait beaucoup d'argent
Mais... Cette course, ma belle
Mon cheval l'avait déjà gagnée.

Escrita por: M. Prado, A. Navarrine