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Carton juné

Carlos Waiss

Cartón junao

Siempre pasa con el pucho sobrador a flor de labio
con la pinta medio shiome que deschava el arrabal.
Lleva el lengue hecho galleta, con el funyi arremangado
y se va ladeando todo con andar acompadrado
mientras pica la vereda con el taco militar.
La chamuya de los grilos, de cachimba y empiedrada
en la cara luce un feite que hoy es vieja cicatriz.
Se da dique que hace poco le fajaron la mancada
y fue culpa de una nami que de puro rechiflada
casi ortiba los aprontes que le daba en el bulín.

La va de que es junado, conversa de sotana,
su vieja ferramenta la tuvo que amurar.
Pregunta por "el hombre" respeta a la fulana
y dicen que un caudillo lo pudo acomodar.
La va que fue ladero de puntos remanyados
y en el refiche lungo del turbio chimentar,
para él no hay un secreto, desde tirar el carro,
pialarse en un choreo o hacer un cuento más.

Tiene pinta bulinera de gavión de rango mishio
el yuguillo lo levanta, casi, casi hasta la nuez
cuando juna al mayorengo se las toma "stricho y pico"
se embalurda con dos cañas, le hace cruz al abanico
y pa' andar algo piola la jotraba de chofer.
La saluda con ¡dequera! y si marca es con un ¡quía!
pero yo que le remanyo su prontuario, bien lo sé
que no tiene más balurdo que un andar de contramano
y los tiras, la otra noche fue por gil que lo juntaron
cuando estaba haciendo pinta en la puerta de un café.

Carton juné

Ça arrive toujours avec le joint au coin des lèvres
avec un style un peu chelou qui trahit le quartier.
Il a la langue enroulée, le pantalon retroussé
et il se déhanche en marchant comme un pote bien sapé
pendant qu'il tape le trottoir avec ses godasses militaires.
Les histoires des grillons, de la chicha et des pavés
sur son visage, il porte une vieille cicatrice.
Il dit qu'il y a peu, il s'est fait tabasser
et c'était la faute d'une nana qui, par pure folie,
faillit faire capoter ses plans dans le boudoir.

Il se la joue juné, parle comme un curé,
sa vieille ferraille, il a dû la planquer.
Il demande pour "le mec", respecte la meuf
et on dit qu'un chef a pu le caser.
Il se vante d'avoir été pote de points mal famés
et dans le long récit des rumeurs troubles,
pour lui, il n'y a pas de secret, que ce soit pour tirer,
se faire pincer dans un vol ou raconter un autre truc.

Il a l'air d'un gars de quartier, un gros dur de bas étage,
le petit ventre le soulève, presque jusqu'à la pomme
quand il croise le gros, il se la joue "stricho et pico"
il se laisse emporter par deux verres, fait un signe au vent
et pour faire le malin, il se fait passer pour le chauffeur.
Il la salue avec un "dequera!" et si ça chauffe, c'est avec un "quía!"
mais moi qui connais son dossier, je le sais bien
qu'il n'a pas plus de balourd qu'un pas à contre-sens
et les flics, l'autre nuit, c'était parce qu'il était trop con pour se faire choper
quand il faisait le malin devant un café.

Escrita por: Varela Hector, Sos Taita, Juan D Arienzo