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Arrabalera

Cátulo Castillo

Arrabalera

Mi casa fue un corralón
de arrabal bien proletario,
papel de diario el pañal,
del cajón en que me crié...
Para mostrar mi blasón,
pedigree modesto y sano.
¡Oiga, che!... ¡Presénteme...
¡Soy Felisa Roverano,
tanto gusto, no hay de que!...

¡Arrabelera,
como flor de enredadera
que creció en el callejón!
¡Arrabalera,
yo soy propia hermana entera
de Chiclana y compadrón!...
Si me gano el morfi diario,
qué me importa el diccionario
ni el hablar con distinción.
Levo un sello de nobleza,
soy porteña de una pieza,
tengo voz de bandoneón.

Si se le da la ocasión,
de bailar un tango arrespe,
encrespe su corazón,
de varón sentimental.
Y al revolear mi percal,
márqueme su firulete,
que en el brete musical
se conoce, la gran siete,
mi prosapia de arrabal.

Arrabalera

Ma maison était un grand terrain
prolétarien à souhait,
papier journal pour le lange,
dans le tiroir où j'ai grandi...
Pour montrer mon blason,
un pedigree modeste et sain.
Écoutez, mec!... Présentez-moi...
Je suis Felisa Roverano,
c'est un plaisir, pas de souci!...

Arrabalera,
comme une fleur de liane
qui a poussé dans la ruelle!
Arrabalera,
je suis la vraie sœur entière
de Chiclana et compadrón!...
Si je gagne mon pain quotidien,
peu m'importe le dictionnaire
ou de parler avec distinction.
J'ai un sceau de noblesse,
je suis portena de A à Z,
je chante comme un bandonéon.

S'il y a l'occasion,
de danser un tango respectueux,
faites vibrer votre cœur,
d'homme sentimental.
Et en faisant tournoyer mon tissu,
marquez-moi votre signature,
dans le tourbillon musical
on reconnaît, la grande classe,
ma lignée de quartier.

Escrita por: Cátulo Castillo - Sebastián Piana