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La poignardée

Celedonio Flores

La puñalada

Mentan los que saben
que un malevo
muy de agallas
y de fama
bien sentada
por el barrio
de Palermo
cayó un día
taconeando
prepotente
a un bailongo
donde había
puntos bravos
pa'l facón.

Lo empezaron a mirar
con un aire sobrador
pero el mozo, sin chistar,
a una puerta se arrimó.

Los dejó sobrar.
Los dejó decir.
Y pa' no pelear
tuvo que sufrir.

Pero la pebeta
más bonita,
la que estaba
más metida
en el alma
de los tauras,
esa noche
con la vista
lo incitaba
a que saliera
a darles dique
y a jugarse
en un tango
su cartel.

Se cruzó
un gran rencor y otro rencor
a la luz
de un farolito a querosén
y un puñal
que parte en dos un corazón
porque así
lo quiso aquella cruel mujer.

Cuentan los que vieron
que los guapos
culebrearon
con sus cuerpos
y buscaron
afanosos
el descuido
del contrario
y en un claro
de la guardia
hundió el mozo
de Palermo
hasta el mango
su facón.

La poignardée

On dit que ceux qui savent
qu'un dur
avec du cran
et une réputation
bien ancrée
dans le quartier
de Palermo
est tombé un jour
en talons hauts
prétentieux
dans un bal
où il y avait
durs à cuire
pour le couteau.

Ils ont commencé à le regarder
avec un air supérieur
mais le gars, sans broncher,
s'est approché d'une porte.

Il les a laissés faire.
Il les a laissés dire.
Et pour ne pas se battre
il a dû encaisser.

Mais la belle
la plus jolie,
celle qui était
la plus impliquée
dans l'âme
des durs,
cette nuit-là
avec son regard
l'incitait
à sortir
pour leur montrer
et à risquer
sur un tango
son blason.

Un grand ressentiment et un autre ressentiment
se sont croisés
à la lumière
d'un petit lampion à kérosène
et un poignard
qui fend un cœur en deux
parce que c'est ainsi
que cette femme cruelle l'a voulu.

Ceux qui ont vu racontent
que les durs
se sont contorsionnés
avec leurs corps
et ont cherché
avec empressement
la négligence
de l'autre
et dans un clair
de la garde
le gars
de Palermo
a enfoncé
aussitôt son couteau.