În zori de zi
Pe-o lunga si aspra si stearpa sosea,
Ca toate soselele lumii.
Pe-o lunga si aspra si stearpa sosea,
Era o fantana cu ciutura grea.
Caci apa-si cladise, trecand peste ea,
In straturi, pojghitele humii.
Era o fantana cu cumpana grea,
Ca toate fantanile vietii.
Era o fantana cu cumpana grea,
Cu apa salcie si calda si rea.
Dar furca cu bratele-ntinse pandea,
Momind de departe drumetii.
Zoreau insetatii s-ajunga sa bea,
Ca toti insetatii din viata.
Trageau cu putere de cumpana grea
Dar apa salcie si calda-i gonea.
Si-ades cate unul mai tanar pleca
Cu lacrimi de ciuda pe fata.
Si-ades cate unul mai varstnic radea
Ca toti ce-o cunosc: APA VIETII.
Era o fantana cu cumpana grea,
Cu apa salcie si calda si rea.
Dar furca cu bratele-ntinse pandea,
Momind de departe drumetii.
À l'aube du jour
Sur une longue et rude route stérile,
Comme toutes les routes du monde.
Sur une longue et rude route stérile,
Il y avait un puits avec un seau lourd.
Car l'eau s'était formée, en passant par là,
En couches, les pellicules de terre.
C'était un puits avec un seau lourd,
Comme tous les puits de la vie.
C'était un puits avec un seau lourd,
Avec une eau trouble, chaude et mauvaise.
Mais la fourche aux bras tendus guettait,
Appâtant de loin les voyageurs.
Les assoiffés se dépêchaient d'arriver pour boire,
Comme tous les assoiffés de la vie.
Ils tiraient avec force sur le seau lourd
Mais l'eau trouble et chaude les chassait.
Et souvent un plus jeune s'en allait
Avec des larmes de rage sur le visage.
Et souvent un plus vieux riait
Comme tous ceux qui la connaissent : L'EAU DE LA VIE.
C'était un puits avec un seau lourd,
Avec une eau trouble, chaude et mauvaise.
Mais la fourche aux bras tendus guettait,
Appâtant de loin les voyageurs.