Olvido
Si pensara alguna vez en lo que fui
No tendría ni la fuerza de vivir...
Pero yo sé que hay que olvidar
Y olvido sin protestar.
En la oscura caravana de dolor
De los hombres que perdieron el hogar,
Sin blasfemar, sin un rencor,
Voy solo con mi canción.
Nadie pregunta
Lo que he sido en el pasado,
Si fui rico, si fui honrado,
Si hubo sedas en mi cuna.
A nadie importa
Quién soy yo, de donde vengo,
Y si alguno se me acerca
Me pregunta cuánto tengo...
Miran los trapos
Que delatan mi pobreza de hoy
Y en esos trapos lee la gente
Cuánto valgo y quién soy...
Pero no importa,
Para mí que lo he vivido,
Yo sé todo lo que he sido,
Lo que nunca más seré...
Es por eso que mi boca no dirá
El secreto de un pasado que perdí...
Fui gran señor, creo en un dios
Que a veces me niega el pan...
Oubli
Si je pensais un jour à ce que j'étais
Je n'aurais même pas la force de vivre...
Mais je sais qu'il faut oublier
Et j'oublie sans protester.
Dans la sombre caravane de douleur
Des hommes qui ont perdu leur foyer,
Sans blasphème, sans rancœur,
Je marche seul avec ma chanson.
Personne ne demande
Ce que j'ai été dans le passé,
Si j'étais riche, si j'étais honoré,
S'il y avait des soies dans mon berceau.
À personne ça importe
Qui je suis, d'où je viens,
Et si quelqu'un s'approche de moi
Il me demande ce que j'ai...
Ils regardent les haillons
Qui trahissent ma pauvreté d'aujourd'hui
Et dans ces haillons, les gens lisent
Combien je vaux et qui je suis...
Mais peu importe,
Pour moi qui l'ai vécu,
Je sais tout ce que j'ai été,
Ce que je ne serai plus jamais...
C'est pourquoi ma bouche ne dira pas
Le secret d'un passé que j'ai perdu...
J'étais un grand seigneur, je crois en un dieu
Qui parfois me refuse le pain...