Le grand Dadais (Avant...)
Avant, j'étais tout seul en cause,Et n'avais pour souciQu'à m'occuper de moi,Avant, ce n'était pas grand-choseSi, le temps d'un midiMon corps ne mangeait pas.Avant qu'est-ce que ça pouvait faireSi, au lieu de me taire,De les garder pour moi,J'allais dire mes quatre colèresPour défendre un enversQui méritait l'endroit.Avant, quand j'en avais le tempsQuand venait le printempsQuand j'en avais envieJ'allais essouffler mes vingt ansSur des corps qui souventNe sortaient que la nuitD'avant que te dirais-je encoreSinon que j'avais tortDe croire que je vivaisD'avant il me reste la vueD'un couloir sans issueD'une porte ferméeMais il vrai qu'avantAvant, je ne t'avais pasMais il est vrai qu'avantAvant, je ne nous aimais pasMais il est vrai qu'avantAvant quand mes draps étaient froidsJe n'avais pas ton corps pour moiJe n'avais pas tes brasTu vois, je n'étais rienOu presque rienMais j'attendais, guettantComme on guette le jourSans savoir bien toujoursOù il va se leverAvant, mais ne parlons plus d'avantParlons de maintenantOu mieux ne parlons pasDes mots, ce ne sont que des motsEt mes doigts sur ta peauTe savent mieux que moiMes yeux te dévorent des yeuxMes yeux te gravent en euxPour qu'ils ne t'oublient pasAmour, te voilà mon amourPour des nuits et des joursQui n'en finiront pasCar il vrai qu'avantAvant, je ne t'avais pasCar il est vrai qu'avantAvant, je ne nous aimais pasCar il est vrai qu'avantAvant quand mes draps étaient froidsJe n'avais pas ton corps pour moiJe n'avais pas tes brasTu vois, je n'étais rienOu presque rienMais j'attendais, guettantComme on guette le jourSans savoir bien toujoursOù il va se leverTu vois, je n'étais rienOu presque rienMais j'attendais,Tu vois que les années passéesQuand le jour s'est levéEt m'ont mis de ton côté
El gran torpe (Antes...)
Antes, estaba solo en culpa,
Y no tenía más preocupación
Que ocuparme de mí,
Antes, no era gran cosa
Si, al mediodía
Mi cuerpo no comía.
Antes, ¿qué importaba
Si, en lugar de callarme,
De guardarlas para mí,
Iba a decir mis cuatro enojos
Para defender un revés
Que merecía el derecho.
Antes, cuando tenía tiempo
Cuando llegaba la primavera
Cuando tenía ganas
Iba a soplar mis veinte años
Sobre cuerpos que a menudo
Solo salían de noche.
Antes, ¿qué te diría aún
Sino que estaba equivocado
En creer que vivía?
De antes me queda la vista
De un pasillo sin salida
De una puerta cerrada
Pero es verdad que antes
Antes, no te tenía a ti
Pero es verdad que antes
Antes, no nos amaba
Pero es verdad que antes
Antes, cuando mis sábanas estaban frías
No tenía tu cuerpo para mí
No tenía tus brazos
Ves, no era nada
O casi nada
Pero esperaba, acechando
Como se espera el día
Sin saber siempre
Dónde va a salir
Antes, pero no hablemos más de antes
Hablemos de ahora
O mejor aún, no hablemos
Las palabras, solo son palabras
Y mis dedos en tu piel
Te conocen mejor que yo
Mis ojos te devoran con los ojos
Te graban en ellos
Para no olvidarte
Amor, aquí estás, mi amor
Para noches y días
Que no terminarán
Porque es verdad que antes
Antes, no te tenía a ti
Porque es verdad que antes
Antes, no nos amaba
Porque es verdad que antes
Antes, cuando mis sábanas estaban frías
No tenía tu cuerpo para mí
No tenía tus brazos
Ves, no era nada
O casi nada
Pero esperaba, acechando
Como se espera el día
Sin saber siempre
Dónde va a salir
Ves, no era nada
O casi nada
Pero esperaba
Ves que los años pasan
Cuando el día amanece
Y me ponen de tu lado