Au-delà du brouillard
Au-delà du brouillard, c'est encore le brouillard
Dedans, parfois, je vois dans dix mille ans
Au-delà du brouillard, c'est encore le brouillard
Soudain, je me souviens quand j'étais soleil levant
Un vieux cerf s'étonne de me voir passer là
Se demandant sans doute si je suis déjà mort
D'autres temps, d'autres lieux, c'est un autre que moi
Qu'il a croisé par là.
D'autres vents, d'autres dieux,
Silhouettes fantômes, hordes sauvages
Agonisant de n'avoir qu'une main à se tendre
Nulle trace dans le fleuve où j'ai nagé un jour avec femme
Où j'ai cru que l'amour était feu
Oui, mais feu notre amour
N'était que cendres au vent
Et l'aube ne m'éclaire que de suppositions
De silences en questions
On construit son empire
Et de châteaux en sable
Et de rives en dérives
On dérive toujours
On essaie d'être roi
On essaie d'être soi
De sourires en soupirs
Oui, dans le lit des femmes
Qu'on prend et qu'on oublie
On s'oublie peu à peu
Avant qu'on nous oublie
On se croit loup des steppes
Quand on n'est que brebis
Sans troupeau ni berger
Sans étoile
Halluciné
Sur la route, un vieil homme s'en va à la rencontre
D'un bien plus vieux que lui, et ce plus vieux, c'est moi
Ou peut-être toi
Le vieil homme est assis sur un banc
Il fume une danseuse
Je veux dire, il fume une gitane
Comme on fume le temps
Je lui dis quelques mots
Il me répond les siens
On ne se comprend pas
Mais nous faisons semblant
Tout en sachant tous deux
Qu'en commun nous avons
La vieille dame en noir
Qui nous attend
Au-delà du brouillard, c'est toujours le brouillard
Dedans, parfois, je crois que je suis soleil levant
Et mes rêves s'éteignent les uns après les autres
A chaque pas de plus
C'est toujours un de moins
Au-delà du brouillard, c'est toujours le brouillard
Dedans, parfois, je vois dans dix mille ans
Et je pense aux enfants de nos petits enfants
Que nous n'avons pas eus, mais qu'on aura demain
Si j'avais mes vingt ans
Mais je n'ai pas d'enfant
Et je n'ai plus vingt ans
Alors, je marche seul
Comme un vieux régiment
Qui n'a plus de conquête
Quand on est au sommet
On ne peut que descendre
Ou apprendre à voler
Au-delà du brouillard
Au-delà du brouillard
Sur la route un vieil homme
S'en va à la rencontre
D'un bien plus vieux que lui
Et ce plus vieux, c'est moi
Más allá de la niebla
Más allá de la niebla, sigue siendo niebla
A veces, veo en diez mil años
Más allá de la niebla, sigue siendo niebla
De repente, recuerdo cuando era el sol naciente
Un viejo ciervo se sorprende al verme pasar
Preguntándose probablemente si ya estoy muerto
Otros tiempos, otros lugares, es otro que yo
Que se cruzó por ahí
Otros vientos, otros dioses
Siluetas fantasmales, hordas salvajes
Agonizando por no tener una mano a la que tender
Ninguna huella en el río donde nadé una vez con una mujer
Donde creí que el amor era fuego
Sí, pero nuestro amor
Era solo cenizas al viento
Y el amanecer solo me ilumina con suposiciones
De silencios en preguntas
Construimos nuestro imperio
Y de castillos en arena
Y de orillas en derivas
Siempre nos desviamos
Intentamos ser reyes
Intentamos ser nosotros mismos
De sonrisas a suspiros
Sí, en la cama de las mujeres
Que tomamos y olvidamos
Nos olvidamos poco a poco
Antes de que nos olviden
Nos creemos lobos de las estepas
Cuando solo somos ovejas
Sin rebaño ni pastor
Sin estrella
Alucinados
En la carretera, un viejo hombre va al encuentro
De uno mucho más viejo que él, y ese más viejo soy yo
O tal vez tú
El viejo hombre está sentado en un banco
Fumando un cigarrillo
Quiero decir, fumando un cigarrillo
Como se fuma el tiempo
Le digo algunas palabras
Él me responde con las suyas
No nos entendemos
Pero fingimos
Ambos sabemos
Que en común tenemos
A la anciana de negro
Que nos espera
Más allá de la niebla, sigue siendo niebla
A veces, creo que soy el sol naciente
Y mis sueños se apagan uno tras otro
Con cada paso más
Siempre es uno menos
Más allá de la niebla, sigue siendo niebla
A veces, veo en diez mil años
Y pienso en los hijos de nuestros nietos
Que no tuvimos, pero tendremos mañana
Si tuviera veinte años
Pero no tengo hijos
Y ya no tengo veinte años
Así que camino solo
Como un viejo regimiento
Que no tiene más conquistas
Cuando estás en la cima
Solo puedes bajar
O aprender a volar
Más allá de la niebla
Más allá de la niebla
En la carretera un viejo hombre
Va al encuentro
De uno mucho más viejo que él
Y ese más viejo soy yo