Coplas de Juan Panadero
La caja de mi guitarra
no es caja, que es calabozo,
penal donde pena España.
Las paredes de la cárcel
son de madera, madera,
de donde no sale nadie.
Las cuerdas son los barrotes,
la ventanita de hierro
por donde pasan mis voces.
Y las clavijas, ¿qué son
sino las llaves que aprietan
la luz de mi corazón?
Ahora me pongo a cantar
coplas que llevan más sangre
que arenas lleva la mar.
Canto ahora a los caídos,
a los que estando en la tierra
ya están naciendo en el trigo.
Mi mejor luto será
echarme un fusil al hombro
y al monte irme a pelear.
Que nada me desalienta,
que un guerrillero es un toro
en medio de una tormenta.
Me hirieron, me golpearon
y hasta me dieron la muerte,
¡pero jamás me doblaron!
Ahora yo quiero nombrar,
no mi nombre, porque el mío
es como el de los demás.
¡Sangre de Gómez Gayoso,
sangre pura, sangre brava,
sangre de Antonio Seoane,
de Diéguez, de Larrañaga,
de Roza, Cristino y Vía,
valles de sangre, montañas!
¡Sangre de Agustín Zoroa!
¡Mar de sangre derramada!
¡Sangre de Manuela Sánchez!
¡Sangre preciosa de España!
No quiero seguir nombrando
más sangre, pues mi guitarra
también se está desangrando.
Más aunque su voz se muera,
su voz seguirá cantando
a la España guerrillera.
Siempre seguirá cantando
y seguirá maldiciendo
hasta que el gallo del alba
grite que está amaneciendo.
Chansons de Juan Panadero
La caisse de ma guitare
n'est pas une caisse, c'est un cachot,
une prison où l'Espagne souffre.
Les murs de la prison
sont en bois, du bois,
d'où personne ne sort.
Les cordes sont les barreaux,
la petite fenêtre en fer
par où passent mes voix.
Et les chevilles, que sont-elles
sinon les clés qui serrent
la lumière de mon cœur ?
Maintenant je me mets à chanter
des chansons qui portent plus de sang
que le sable que porte la mer.
Je chante maintenant pour les tombés,
pour ceux qui, étant sur terre,
sont déjà en train de naître dans le blé.
Mon meilleur deuil sera
de prendre un fusil sur l'épaule
et d'aller me battre dans la montagne.
Rien ne me décourage,
car un guérillero est un taureau
au milieu d'une tempête.
On m'a blessé, on m'a frappé
et même on m'a donné la mort,
mais jamais ils ne m'ont plié !
Maintenant je veux nommer,
non pas mon nom, car le mien
est comme celui des autres.
Sang de Gómez Gayoso,
sang pur, sang vaillant,
sang d'Antonio Seoane,
de Diéguez, de Larrañaga,
de Roza, Cristino et Vía,
vallées de sang, montagnes !
Sang d'Agustín Zoroa !
Mer de sang versé !
Sang de Manuela Sánchez !
Sang précieuse d'Espagne !
Je ne veux pas continuer à nommer
plus de sang, car ma guitare
est aussi en train de se vider de son sang.
Mais même si sa voix meurt,
sa voix continuera à chanter
à l'Espagne guerrillère.
Elle continuera à chanter
et continuera à maudire
jusqu'à ce que le coq de l'aube
crie qu'il est en train de se lever.