Declaración de Amor a Nicaragua
Aquella mancha libre sobre el cielo,
Aquellas nebulosas como hielos
Son la pura apariencia del desvelo,
Del sueño que despierta en nueva mano,
Altura que se sube hacia lo humano
Donde la estrella sabe que ese signo
Es el sombrero en alto de sandino.
Debajo del sombrero están dos alas
Por un pueblo de pájaros guardadas.
Si hay riesgo da el zanate campanadas
Llamando amaneceres que nos tienten.
No sabe el corazón que de repente
No es él, todo cambió, nada es lo mismo.
Es el sombrero en alto de sandino.
El amador se me rugama de ternura,
Masaya como un león y se apresura,
Se guatemala todo y se me hondura
Y sube a una escalera tan laviana
Que el sol todo asombrado lo reclama,
Le dice "corazón, vení, vení, vení conmigo".
Es el sombrero en alto de sandino.
Todo parece casi seco en el planeta, en esta fragua,
Y sin embargo mana agua, mana agua, mana agua en nicaragua.
La vergüenza se quita las enaguas
Y se desnuda toda, toda, toda, toda revelada.
Diriamba que anda enamorada
De ese volcán humano, tierno como un niño.
Es el sombrero en alto de sandino.
Es nuestroamericano el compañero,
Es nuestra la cabeza y la idea y el sombrero,
Son nuestras las fronteras, los aceros
Con que hemos de cortar tantos entuertos,
Decirle más verdades a lo cierto,
Decirle más y más y más verdades a lo cierto,
Que el amador se nos rugama de tan vivo.
Es el sombrero en alto de sandino.
Déclaration d'Amour à Nicaragua
Cette tache libre dans le ciel,
Ces nébuleuses comme des glaces
Sont la pure apparence du réveil,
Du rêve qui s'éveille dans une nouvelle main,
Une hauteur qui s'élève vers l'humain
Où l'étoile sait que ce signe
Est le chapeau levé de Sandino.
Sous le chapeau se cachent deux ailes
Gardées par un peuple d'oiseaux.
S'il y a un risque, le zanate sonne
Appelant des matins qui nous tentent.
Le cœur ne sait pas que soudain
Ce n'est plus lui, tout a changé, rien n'est pareil.
C'est le chapeau levé de Sandino.
L'amant me rugit de tendresse,
Masaya comme un lion et se dépêche,
Il se guatémalise et s'enfonce
Et monte sur une échelle si légère
Que le soleil, tout étonné, le réclame,
Lui dit "cœur, viens, viens, viens avec moi."
C'est le chapeau levé de Sandino.
Tout semble presque sec sur la planète, dans cette forge,
Et pourtant, ça coule, ça coule, ça coule en Nicaragua.
La honte retire ses jupons
Et se dévoile toute, toute, toute, toute révélée.
Diriamba qui est amoureuse
De ce volcan humain, tendre comme un enfant.
C'est le chapeau levé de Sandino.
C'est notre Amérique, le compagnon,
C'est notre tête, notre idée et notre chapeau,
Ce sont nos frontières, nos aciers
Avec lesquels nous devrons couper tant de nœuds,
Dire plus de vérités à ce qui est vrai,
Dire encore et encore et encore des vérités à ce qui est vrai,
Que l'amant nous rugisse de tant de vie.
C'est le chapeau levé de Sandino.