Las Hormiguitas
Las hormiguitas blancas y azules
Con su carguita cruzan la tierra,
Cruzan los mares, cruzan los cielos
Dejando atrás el temporal,
La casa rota, el pie asesino,
La vida herida por ese mal,
El temporal.
Pero los sueños y los caminos
Las hormiguitas no dejarán;
Los van cargando con la ilusión
De un circo en viaje hacia la función.
Si les preguntan dónde trabajan
Contestan siempre "en la construcción",
La construcción.
Las hormiguitas carpintereando,
Albañileando, pintarrajeando,
Imaginando, desolvidando,
Enamorando y hasta cantando
Van caminando y acumulando
Verde energía, mucha esperanza,
Mucha esperanza.
Siguen andando sobre la tierra,
Sobre los cielos, sobre los mares,
Multiplicando hojas y flores,
Acumulando verde energía,
Mucha esperanza, mucho buen día,
Para su viaje que es circular,
Es circular, va a terminarse
Para empezar.
Las hormiguitas son muy tenaces,
Las cicatrices van a cerrar,
Con sus hojitas de yerba mate
Las hormiguitas se sanarán.
Pocos comprenden su largo viaje,
¿por qué salieron si han de volver?
Han de volver.
Todas chuequitas las hormiguitas,
Son solidarias como un panal.
Todas chuequitas las hormiguitas,
Son solidarias como un panal,
Pero si encuentran el pie asesino,
Pica que pica, lo atacarán.
¡lo atacarán!
Las hormiguitas que yo les canto
Son tan chiquitas que ni se ven,
Pero los sueños que van cargando
Tienen la altura que tiene el bien,
El bien de toda naturaleza
Que en esta tierra pide un lugar.
Las hormiguitas nunca se pierden
Porque su viaje es circular,
Es tan redondo como los ojos
De un ser humano al despertar,
Es tan redondo como el planeta
Que vamos juntos a liberar.
¡a liberar!
Les Fourmis
Les fourmis blanches et bleues
Avec leur petit chargement traversent la terre,
Traversent les mers, traversent les cieux
Laissant derrière elles la tempête,
La maison brisée, le pied meurtrier,
La vie blessée par ce mal,
La tempête.
Mais les rêves et les chemins
Les fourmis ne les abandonneront pas ;
Elles les portent avec l'illusion
D'un cirque en route vers la représentation.
Si on leur demande où elles travaillent
Elles répondent toujours "dans le bâtiment",
Le bâtiment.
Les fourmis en train de charpenter,
De maçonner, de barbouiller,
Imaginant, oubliant,
Enamourant et même chantant
Elles avancent et accumulent
De l'énergie verte, beaucoup d'espoir,
Beaucoup d'espoir.
Elles continuent à marcher sur la terre,
Sur les cieux, sur les mers,
Multipliant feuilles et fleurs,
Accumulant de l'énergie verte,
Beaucoup d'espoir, beaucoup de bons jours,
Pour leur voyage qui est circulaire,
C'est circulaire, ça va se terminer
Pour recommencer.
Les fourmis sont très tenaces,
Les cicatrices vont se refermer,
Avec leurs petites feuilles de yerba mate
Les fourmis vont se guérir.
Peu comprennent leur long voyage,
Pourquoi sont-elles parties si elles doivent revenir ?
Elles doivent revenir.
Toutes tordues, les fourmis,
Sont solidaires comme une ruche.
Toutes tordues, les fourmis,
Sont solidaires comme une ruche,
Mais si elles rencontrent le pied meurtrier,
Pique, pique, elles l'attaqueront.
Elles l'attaqueront !
Les fourmis dont je vous parle
Sont si petites qu'on ne les voit même pas,
Mais les rêves qu'elles portent
Ont la hauteur du bien,
Le bien de toute la nature
Qui dans cette terre demande une place.
Les fourmis ne se perdent jamais
Parce que leur voyage est circulaire,
Il est aussi rond que les yeux
D'un être humain au réveil,
Il est aussi rond que la planète
Que nous allons libérer ensemble.
À libérer !
Escrita por: Daniel Viglietti