395px

Visions

Fernando Delgadillo

Visiones

Hace tanto tiempo
que las noches frías
se me quedan dentro
cómo no los días,
y la voz cantante
de viento y guitarra
se esfuma delante,
se sacude amarras.

Capitán del barco
rayo del poniente,
sigue navegando
lo que venga enfrente.

Me desnudo a diario
con cada tonada
del abecedario,
de los días de paja,
lluvia a quemarropa,
rumores del fuego,
luna de mi copa,
lámpara del cielo.

Ya he visto a un amigo
dejarme de hablar,
ya he visto a un hermano
aprender a volar,
y luego caer y besarse
las manos porque fueron alas.

Ya he visto a la lágrima en
ojos de un ciego,
ya he visto a la luna
tejiendo en el cielo
destinos de barcos que
siempre zarpaban y nunca
partieron.

Y aunque no he visto tanto,
a veces miro más.

Yo no entiendo al aire
no me pienso el río,
no hay sitio en mi nave
para otros navíos.
Yo crucé fronteras
salí de las rutas,
yo sabía que afuera
no se vuelve nunca.

Visions

Il y a si longtemps
que les nuits froides
restent en moi
comme les jours,
et la voix chantante
du vent et de la guitare
s'efface devant,
s'éloigne des amarres.

Capitaine du navire
éclair de l'ouest,
continue à naviguer
vers ce qui vient en face.

Je me déshabille chaque jour
avec chaque mélodie
del'alphabet,
des jours de paille,
pluie à bout portant,
rumeurs du feu,
lune de ma coupe,
lampe du ciel.

J'ai déjà vu un ami
cesser de me parler,
j'ai déjà vu un frère
apprendre à voler,
et puis tomber et s'embrasser
les mains parce qu'elles étaient des ailes.

J'ai déjà vu la larme dans
les yeux d'un aveugle,
j'ai déjà vu la lune
tisser dans le ciel
destins de bateaux qui
s'en allaient toujours et jamais
ne partaient.

Et même si je n'ai pas vu tant,
parfois je regarde plus.

Je ne comprends pas l'air
je ne pense pas à la rivière,
il n'y a pas de place dans mon navire
pour d'autres vaisseaux.
J'ai franchi des frontières
sorti des routes,
je savais qu'à l'extérieur
on ne revient jamais.