N'y vas pas Manuel
Il n'avait que dix ans mais il était déjà
Bagarreur, insolent, plein de violence
Il voulait être un dur tout comme au cinéma
Et partout, c'est lui qui menait la danse
Il passait ses journées à courir dans les rues
Ne pensant qu'à se battre, qu'à cogner…
Sa mère désespérée et qui n'en pouvait plus
Passait tout son temps à supplier:
N'y vas pas, Manuel, n'y vas pas
Y a des choses dans la vie qu'on ne fait pas
Et plus tard tu le regretteras
N'y vas pas! N'y vas pas!
Quand enfin un jour tu comprendras
Que vraiment t'as eu tour de faire ça
Il sera bien trop tard, n'y vas pas
Manuel, n'y vas pas.
C'est maintenant un monsieur
Qui n'aime pas les agents
Il veut pas qu'on se mêle de ses affaires
Pour avoir la belle vie il faut beaucoup d'argent
Et pour ça, 'y pas trente-six manières
Le travail, ça l'ennuie et puis, c'est fatiguant
Il se débrouille très bien sans trop d'effort
Sa femme qu'il gâte beaucoup mais qui n'en demande pas tant
Lui répète tous les soirs quand il sort:
N'y vas pas, Manuel, n'y vas pas
Y a des choses dans la vie qu'on ne fait pas
Et plus tard tu le regretteras
N'y vas pas! N'y vas pas!
Quand enfin un jour tu comprendras
Que vraiment t'as eu tort de faire ça
Il sera bien trop tard, n'y vas pas
Manuel, n'y vas pas.
Mais de tous leurs sermons, Manuel se fout bien
Ce soir, il fait un coup magnifique
Ce sera le dernier car dès demain matin
Il va faire peau neuve en Amérique
D'un pas souple et léger il s'en va tranquillement
Vers l'endroit où ils ont rendez-vous
Tout est calme et pourtant il entend vaguement
Une voix qui vient on ne sait d'où:
N'y vas pas, Manuel, n'y vas pas…
Y des choses dans la vie qu'on ne fait pas…
Et plus tard, tu le regretteras…
N'y vas pas! N'y vas pas!
Attention, Manuel, sois prudent! Attention,
Manuel, n'y vas pas!...
Manuel, attention Ma-nu-el...!
Ohhh!... Manuel!...
No te vayas, Manuel
Tenía solo diez años pero ya era
Peleador, insolente, lleno de violencia
Quería ser duro como en las películas
Y en todas partes, él era quien mandaba
Pasaba sus días corriendo por las calles
Solo pensando en pelear, en golpear...
Su madre desesperada y agotada
Pasaba todo su tiempo suplicando:
No te vayas, Manuel, no te vayas
Hay cosas en la vida que no se hacen
Y más tarde te arrepentirás
¡No te vayas! ¡No te vayas!
Cuando finalmente un día entiendas
Que realmente te equivocaste al hacer eso
Será demasiado tarde, no te vayas
Manuel, no te vayas.
Ahora es un señor
Que no le gustan los policías
No quiere que se metan en sus asuntos
Para tener una buena vida se necesita mucho dinero
Y para eso, no hay muchas maneras
El trabajo le aburre y es agotador
Se las arregla muy bien sin mucho esfuerzo
Su esposa a la que mima mucho pero que no pide mucho
Le repite todas las noches cuando sale:
No te vayas, Manuel, no te vayas
Hay cosas en la vida que no se hacen
Y más tarde te arrepentirás
¡No te vayas! ¡No te vayas!
Cuando finalmente un día entiendas
Que realmente te equivocaste al hacer eso
Será demasiado tarde, no te vayas
Manuel, no te vayas.
Pero de todos sus sermones, a Manuel no le importa
Esta noche, hace un golpe magnífico
Será el último porque desde mañana
Empezará de nuevo en América
Con paso suave y ligero se va tranquilamente
Hacia el lugar donde tienen cita
Todo está tranquilo y sin embargo escucha vagamente
Una voz que viene no se sabe de dónde:
No te vayas, Manuel, no te vayas...
Hay cosas en la vida que no se hacen...
Y más tarde, te arrepentirás...
¡No te vayas! ¡No te vayas!
Atención, Manuel, sé prudente! Atención,
¡Manuel, no te vayas!...
¡Manuel, atención Ma-nu-el...!
¡Ohhh!... ¡Manuel!...