La Señora Del Chalet
Piantá de tu barrio reo,
Dejá el convento mistongo,
Que lo que yo te propongo
Allí no lo has de encontrar.
Vas a ver qué tren diquero
Con tu nueva indumentaria,
Pa'que bronquen las otarias
Que tienen que laburar.
Te voy a empilchar debute
En una maisón francesa,
Ya de blanco, ya de fresa
Ya de paño o crepmongol,
Con cuatro o cinco pulseras,
Un pendantif con brillante,
Y un zarzo con un diamante
Más brilloso que un farol.
Dejarás de ser la pobre
Mistonguera mishia grela,
Y una vez llena de tela
Cambiás de nombre también:
Te encajás uno de aquellos
Propiamente afrancesados,
Y verás que a tu pasado
Sin grupo le hacés amén.
Tendrás un chofer debute
Postamente uniformado,
Y un buen cuzquito mimado
Que te ayude a dar chiqué
Aquí, los giles del barrio,
Al ver tu pinta y tus bienes,
Dirán todos "allá viene
La señora del chalet".
Tendrás piano en vez de radio
Y un lujoso mobiliario,
Figurarás en los diarios
En galería social,
Aunque yo pa mantenerte
Esté siempre engayolado,
Y eternamente escrachado
En crónica policial.
La Dame du Chalet
Fous le camp de ton quartier pourri,
Laisse ce couvent dégueulasse,
Car ce que je te propose
Là-bas, tu ne le trouveras pas.
Tu vas voir quel train de vie
Avec ta nouvelle tenue,
Pour que les jalouses s'étranglent
Qui doivent se décarcasser.
Je vais te mettre sur ton 31
Dans une maison française,
Déjà en blanc, déjà en rose,
Déjà en tissu ou en crêpe,
Avec quatre ou cinq bracelets,
Un pendentif avec un diamant,
Et un collier avec un bijou
Plus brillant qu'un réverbère.
Tu ne seras plus la pauvre
Miche de pain mal fagotée,
Et une fois bien habillée
Tu changeras aussi de nom :
Tu te choisiras un de ces
Noms bien à la mode,
Et tu verras que ton passé
Ne te fera plus de peine.
Tu auras un chauffeur bien habillé,
Poste uniformé,
Et un bon petit chéri
Pour t'aider à faire la belle.
Ici, les idiots du quartier,
En voyant ton allure et tes biens,
Diront tous "voilà la dame
Du chalet".
Tu auras un piano au lieu d'une radio
Et un mobilier luxueux,
Tu feras la une des journaux
Dans la galerie sociale,
Même si moi pour te maintenir
Je suis toujours dans la galère,
Et éternellement fiché
Dans la chronique policière.