Tardecitas Estuleras
Ricardo, prepará el mate
Y alguna copita fuerte,
Que pa´ relojear mi suerte
Voy a caer al estud.
Y si ya diste ración
Entrompetá los potrillos,
El alazán y el tordillo
Han de brillar como luz.
Ajustales el vendaje
No les mezquinés la cama,
Úntale bien el masaje,
Ancas paleta y riñón
Y si andan de manos tiernas
Cuidao con la sobre caña,
Las cuerdas por donde cañan,
Ranilla, vaso, y garrón.
Vigiláme los peoncitos
Y en las mañanas de apronte,
Dale a chiafa que los monte
Y acomodáte el reloj.
Que aligerao por tu mano,
En las primeras partidas
Allí nomás de salida
Marcarán cuarenta y dos.
Después buscale una corta
Si no es mil cuatro, una milla,
Que al cerrar la ventanilla
Cuando alce el reo el clamor.
En un final de emociones,
De pingos y chaquetillas,
Allí estarán mis colores
Al tope del marcador.
Mi gloria el ser burrero
Tener un "pur-sang" de escudo
Será porque de muy tierno
Me hice a la buena de dios
Y allá por el año treinta
En los asaos de berasa
Canté mis primeras bazas
Junto a las puertas de un box.
Tardecitas estuderas
De san isidro y palermo
Si no las vivo me enfermo
Por eso grito en salud.
Ricardo prepará el mate
Y alguna copita fuerte
Que pa´ relojear mi suerte
Voy a caer al estud.
Après-midi de courses
Ricardo, prépare le maté
Et un petit verre bien fort,
Car pour surveiller ma chance
Je vais aller aux courses.
Et si tu as déjà donné à manger
Fais gouter les poulains,
Le bai et le noir
Brilleront comme la lumière.
Ajuste leur bandage
Ne leur fais pas de misère,
Fais bien le massage,
Hanches, cuisse et rein.
Et s'ils ont des mains tendres
Fais gaffe à la surmenage,
Les cordes où ils s'éclatent,
Talon, verre, et jarret.
Surveille mes petits jockeys
Et le matin avant la course,
Fais en sorte qu'ils montent
Et ajuste bien ta montre.
Car allégé par ta main,
Dans les premières courses
Dès le départ
Ils marqueront quarante-deux.
Ensuite cherche une course courte
Si ce n'est pas mille quatre, une mile,
Car en fermant la fenêtre
Quand le cri du vainqueur s'élève.
Dans une finale d'émotions,
De chevaux et de vestes,
Là seront mes couleurs
En haut du tableau.
Ma gloire, être parieur
Avoir un pur-sang comme blason
Ce sera parce que très jeune
Je me suis laissé porter par la chance
Et là-bas dans les années trente
Dans les courses de berasa
J'ai chanté mes premiers paris
Près des portes d'un box.
Après-midi de courses
De San Isidro et Palermo
Si je ne les vis pas, je tombe malade
C'est pourquoi je crie pour la santé.
Ricardo, prépare le maté
Et un petit verre bien fort,
Car pour surveiller ma chance
Je vais aller aux courses.