A Mi Gente
A mi gente
Sentados al cordón de la vereda
Bajo la sombra de algún árbol bonachón
Vimos pasar coquetos carnavales
Careta viva de un pueblo con dolor
Primero fue Pitico y sus muchachos
Pochilo con su gran inspiración
El pobrerío rodea los tablados
Es Chirimino que toma la canción
Tibio febrero de siestas musiqueras
Simple remedo de la felicidad
Los sensibleros, poetas orilleros
Le dan la flor al barrio que se va
Pueblo divino morrudo sabalero
Brindo contigo prestame el corazón
Quiero el secreto del hombre de tu río
Del hombre chimenea, del canilla cantor
Dale a mis ojos la luz de tu bohemia
Charlas del Charlo Roberto guitarrón
Y el Firulete, el sapo de los verdes
El fino del Verija, el Loro y su tambor
Pueblo divino morrudo sabalero
Papel picado botija bajo el sol
Sigue tu lucha de pan y de trabajo
Que el tamboril se olvida y la miseria no
À Mon Peuple
À mon peuple
Assis sur le bord du trottoir
Sous l'ombre d'un arbre bienveillant
On a vu passer des carnavals coquets
Masque vivant d'un peuple en souffrance
D'abord c'était Pitico et ses gars
Pochilo avec son immense inspiration
Les pauvres entourent les scènes
C'est Chirimino qui prend la chanson
Février tiède de siestes musicales
Simple imitation du bonheur
Les sensibles, poètes des rives
Offrent la fleur au quartier qui s'en va
Peuple divin, morrudo sabalero
Je trinque avec toi, prête-moi ton cœur
Je veux le secret de l'homme de ta rivière
De l'homme cheminée, du chanteur de robinet
Donne à mes yeux la lumière de ta bohème
Discussions de Charlo, Roberto à la guitare
Et le Firulete, le crapaud des verts
Le fin du Verija, le Loro et son tambour
Peuple divin, morrudo sabalero
Papier découpé, gamin sous le soleil
Continue ta lutte pour le pain et le travail
Car le tambour se fait oublier et la misère reste.