Apología tanguera
Tango rante, tu emoción
es el alma del suburbio,
para vos, el verso turbio
de mi parda inspiración,
te lucís con tu pintón
y en cualquier baile orillero
sos un símbolo canero
que entra taconeando fuerte,
sos la risa, y sos la muerte,
vestida de Milonguero.
Sos entre el camandulaje
un cacho de mala suerte,
sos el barbijo de muerte
que rubrica el sabalaje.
Sos el alma del chusmaje
metida en un bandoneón,
sos la furca, la traición,
el piropo y el chamuyo,
y sos una flor de yuyo
que perfuma el corazón.
Sos el lamento tristón
que amarrocando sentidos,
te metés por los oídos
y escarbás el corazón.
Sos el réquiem compadrón,
el que gimió allá en París,
con tu canyengue, ¿me oís?
Vos fuiste el fiero remache
que hizo temblar al apache
y llorar a las Mimís.
Tango lindo que se estira
en un bandola atorrante
y que sale agonizante
mientras se baila y se aspira.
¡Tango' Sos como un tira
de prepotencia y de mal,
sos lágrima y delantal,
sos farolito de esquina
y sos tristeza de mina
que se clava en un puñal.
Apologie du tango
Tango vibrant, ton émotion
est l'âme du quartier,
pour toi, le vers trouble
de mon inspiration égarée,
tu brilles avec ton allure
et dans n'importe quelle danse de rue
,tu es un symbole de rue
qui entre en frappant fort,
tu es le rire, et tu es la mort,
habillée en Milonguero.
Tu es parmi les fêtards
un morceau de malchance,
tu es le masque de mort
qui marque la délinquance.
Tu es l'âme de la populace
insérée dans un bandonéon,
tu es la trahison, la fourche,
le compliment et le baratin,
et tu es une fleur de mauvaise herbe
qui embaume le cœur.
Tu es le lament triste
qui, en serrant les sens,
se glisse par les oreilles
et creuse le cœur.
Tu es le requiem complice,
celui qui a gémi là-bas à Paris,
avec ton canyengue, tu m'entends ?
Tu as été le redoutable rivet
qui a fait trembler l'apache
et pleurer les Mimís.
Tango beau qui s'étire
dans un bandonéon désinvolte
et qui sort agonisant
pendant qu'on danse et qu'on aspire.
Tango ! Tu es comme un tir
de puissance et de mal,
tu es larme et tablier,
tu es le lampion de coin
et tu es la tristesse d'une fille
qui se plante dans un poignard.