Ma bohème
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées
Mon paletot aussi devenait idéal
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal
Oh, là, là, que d'amours splendides j'ai rêvées
Mon unique culotte avait un large trou
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes, mon auberge était à la Grande Ourse
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur
Mi bohemia
Yo me iba, los puños en mis bolsillos rotos
Mi abrigo también se volvía ideal
Bajo el cielo iba, Musa, y era tu leal
Oh, vaya, cuántos amores espléndidos he soñado
Mi única pantalón tenía un gran agujero
Pequeño Poucet soñador, desgranaba en mi carrera
Rimas, mi posada estaba en la Gran Osa
Mis estrellas en el cielo tenían un suave susurro
Y las escuchaba, sentado al borde de los caminos
Esas buenas noches de septiembre donde sentía gotas
De rocío en mi frente, como un vino de vigor
Donde, rimando en medio de sombras fantásticas
Como liras, estiraba los elásticos
De mis zapatos heridos, un pie cerca de mi corazón
Escrita por: Arthur Rimbaud, Bradford Mehldau